Un escroc pas comme les autres

«Ils me prêtaient de l’argent… ». C’est la phrase que Mohamed répétait à chaque fois que les limiers de la préfecture de police de la ville ocre lui présentaient l’une de ses victimes. Ce jeune de vingt-sept ans, célibataire et sans profession, a été arrêté à Rabat après avoir séjourné dans plusieurs villes du Royaume. Il savait qu’il faisait l’objet d’une note de recherche à travers tout le pays. Mais, il s’imaginait être très intelligent au point de croire qu’il ne tomberait jamais dans les filets des policiers. «Voilà les reconnaissances de dettes qu’on avait signées ensemble… », a-t-il dit aux enquêteurs en leur remettant plusieurs documents où leurs victimes reconnaissaient lui avoir versé des sommes d’argent allant jusqu’à cinquante mille dirhams. Seulement, les enquêteurs étaient au courant de cette astuce à laquelle recourent les escrocs afin de justifier leurs transactions avec leurs victimes. «Et les deux cartes d’identité nationale qui étaient en ta possession ? », lui a demandé le chef de la brigade qui se chargeait de l’enquête. Quand Mohamed a été arrêté, la police rbatie a découvert deux cartes d’identité nationale dans son portefeuille avec deux prénoms différents: Mohamed et Amir. Les dates de naissance n’étaient pas les mêmes. Si celle qui porte le premier prénom est vraie, comment est-il arrivé à avoir la seconde carte avec comme prénom Amir? En répondant aux enquêteurs, il a affirmé avoir présenté au tribunal une demande de changement de prénom. Dans sa demande, il a expliqué également au tribunal qu’il n’a pas été inscrit par son père dans le livret d’état civil. Une demande qui a été acceptée avec son nouveau prénom Amir. C’est pourquoi Mohamed est arrivé à avoir une deuxième carte d’identité nationale et aussi un deuxième passeport. Pourquoi ? Il y a quelques mois, il a rencontré un ressortissant marocain à l’étranger. Ce dernier lui a remis quatre contrats de travail. Mohamed ne savait pas s’ils étaient des vrais ou des faux. Le plus important pour lui c’était d’avoir de l’argent. Sans difficulté, il a déniché quatre jeunes hommes qui lui ont versé cinquante mille dirhams pour chaque contrat. Une transaction qui lui a rapporté une importante commission. Après quoi, il a décidé de filouter les rêveurs de l’eldorado en leur prétendant avoir d’autres contrats de travail. Et il est passé à l’acte. Chaque victime lui versait cinquante mille dirhams. Après avoir empoché une importante somme d’argent, il n’a plus donné signe de vie. À bord de voitures louées, il parcourait les villes marocaines en dépensant l’argent qu’il avait usurpé à ses victimes dans des boîtes de nuit.

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