Un fkih berné par deux sœurs

Un fkih berné par  deux sœurs

 Elles sont deux sœurs, Meriem et Kawtar, originaires de la ville de Tétouan qu’elles ont quittée dernièrement pour aller à Inzegane. Dans cette ville, qui s’éloigne de treize kilomètres d’Agadir, elles louent au quartier Talborjt une petite maison de deux pièces. Pourquoi donc ce changement de domicile à «360°» ? Pour gagner leur vie? C’est du moins ce que pensent, au départ, leurs nouveaux voisins. Mais, en réalité, elles préparent un coup.

Une semaine plus tard, les deux sœurs passent à l’action. Elles se présentent devant un fkih, Kawtar se fait passer pour une patiente, possédée par les dji’ns. Meriem lui explique que sa sœur, Kawtar, ne dort plus, ne mange plus, ne boit plus, n’adresse plus la parole à personne et ne sort plus de chez elle. Heureux de l’aubaine, le fkih s’empresse de leur dire qu’il arrivera à l’exorciser, mais contre la somme de mille dirhams.

Meriem lui assure que l’argent ne compte pas pour elle, ce qui importe c’est qu’elle recouvre sa santé, lui répond Meriem, qui semble prête à lui verser les mille dirhams sans tractation. Le fkih s’est mis à réciter des versets de Coran à haute voix, avant d’asperger le corps de Kawtar de gouttes d’eau et de psalmodier. Enfin, il leur explique qu’elle sera, très bientôt, en bonne santé.

Quelques jours plus tard, Meriem téléphone au fkih. Elle lui explique que la santé de sa sœur a été rétablie et que l’une de ses amies, issue d’une famille aisée, a besoin de ses services. Seulement, elle lui propose de les rejoindre à Tétouan.

Dans un second appel téléphonique, elle lui demande le prix et fait semblant de marchander avec lui sans préciser le service qu’il doit lui rendre. Elle lui demande de revoir son prix à la baisse et de se contenter de 20.000 dirhams. Alors les choses se sont vite accélérées quand Meriem s’est rendue au commissariat de police.

Elle dépose une plainte accusant le fkih de lui avoir promis de l’aider à émigrer vers un pays du Golfe contre les 30.000 dirhams qu’elle lui a versés. Mais, ajoute-t-elle à la police, il n’a pas tenu sa promesse. Meriem ne fait pas appel à sa sœur, Kawtar, mais à son amie, Saloua, qui se fait passer pour un témoin ayant assisté à toute l’opération.

Le fkih se retrouve sous les verrous. Les deux sœurs recourent à sa famille pour négocier une somme d’argent contre un désistement. Un comportement qui a mis la puce à l’oreille de l’avocat du fkih. L’écheveau de cette affaire commence à se démêler, et l’avocat clôt ses recherches par une surprise.

Les deux belles-sœurs et leur amie avaient déjà berné un autre fkih à Settat, et sont arrivées à le déplumer en empochant une somme de 35.000 dirhams. Le fkih a été libéré et les trois filles ont été traduites devant la justice, près la Cour d’appel d’Agadir.

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