Un fratricide à Tiznit

Un fratricide à Tiznit

Depuis son refoulement de la Tunisie, Ahmed n’est plus la même personne qu’autrefois. Le jeune homme jouissait d’une bonne réputation au douar Afayfloussen, caïdat Sidi Abdellah Oubelaïd, commune Lakhssasse, province de Tiznit. Il était aimable avec tout le monde.
Ce célibataire de quarante-sept ans, qui a émigré vers la Tunisie depuis quelques années et qui a été refoulé après son implication dans une affaire d’émigration clandestine, est devenu cruel et très agressif.
Ses voisins au douar ont remarqué le changement de son comportement. Ils l’évitent.
De même, sa mère et ses trois frères, Othmane, Mohamed et L’husseïne ne le supportent plus. Ils ignoraient les raisons de ce changement radical. Ils ont tous peur de lui.  Ils n’ont même pas pu lui demander de cesser de fabriquer l’eau-de-vie (Mahia) qu’il vend pour gagner sa vie.
Il la consommait également. Et lorsqu’il s’enivrait, personne ne pouvait le retenir. Il devenait enragé. Si sa mère intervenait pour le calmer, il l’insultait et parfois il la violentait. Des querelles avec ses frères et sa belle-sœur, épouse de son frère Othmane, éclataient pour un rien.
« Je vous hais, partez, ne restez plus devant mes yeux », leur crie-t-il de temps en temps. Il les harcelait en permanence. Les trois frères ont décidé enfin de quitter la maison paternelle pour travailler ailleurs. Othmane s’est rendu à la ville de Tiznit, où il travaille comme gardien de voitures. Son frère Mohamed a regagné Casablanca. Il a été embauché chez un commerçant. Tandis que L’husseïne a choisi Rabat pour être veilleur de nuit dans une villa. Et Ahmed est resté en compagnie de sa mère, sa belle-sœur, épouse de Othman et ses deux neveux. Et pourtant, il a continué à leur rendre la vie impossible.
Il les insultait, les maltraitait et les menaçait de meurtre à chaque fois qu’il s’enivrait. Que faire alors ? Sa mère a fini par emballer ses affaires pour se rendre chez sa sœur à Chtouka Aït Baha. Alors que sa belle-sœur et ses deux neveux ont rejoint Othmane à Tiznit. Les trois frères rendaient visite de temps en temps à leur mère à Chtouka Aït Baha. Une situation qui n’a pas plu à L’husseïne. Pour lui, il est inacceptable que sa mère disposant de son propre foyer se réfugie chez sa sœur.
Ainsi, L’husseïne a ramené sa belle-sœur, ses deux neveux et sa mère au foyer paternel. C’était mercredi 22 mars.
La nuit est déjà tombée, quand Ahmed, qui était dans un état d’ébriété avancé, est rentré à la maison. À sa grande surprise mêlée de colère, il a remarqué sa mère, sa belle-sœur et ses deux neveux qui regardaient la télévision. Sans leur adresser la parole, il a disparu pour quelques secondes dans sa chambre pour apparaître avec un grand couteau à la main. Il a avancé vers sa mère, l’a saisie violemment et l’a menacé de mort et ce au moment même où L’husseïne rentrait. Il n’arrivait pas à croire ses yeux. «Je vais les égorger tous s’ils ne quittent pas la maison», crie-t-l’ivrogne sans vergogne. Perdant tout contrôle de ses nerfs, L’husseïne a asséné un coup de poing à Ahmed. Ce dernier est tombé relâchant sa mère.
Saisissant le couteau, L’husseïne a conduit sous la menace sa mère, sa belle-sœur et ses neveux à l’autre chambre. Seulement, Ahmed l’a suivi et a tenté de le frapper. Très rapidement, L’husseïne a saisi un bâton pour lui asséner deux coups sur la tête. Après quoi, il s’est engouffré dans une chambre pour prendre une hache avant d’affronter de nouveau son frère auquel il donne un coup violent au niveau du pied gauche. C’était tellement violent que le sang a giclé. Quelques minutes plus tard, Ahmed a rendu l’âme sous les regards terrifiés de sa mère, sa belle-sœur et ses deux petits neveux. Quant à L’husseïne, il s’est présenté de son propre chef devant les gendarmes.

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