Un fratricide pour un mobile futile

Un fratricide pour un mobile futile

Nous sommes à Casablanca. À la salle de trafic de la sûreté de Ben Msik-Sidi Othman, le policier standardiste a reçu, le matin de ce mardi 30 mars, un appel téléphonique. Qui était à l’autre bout du fil ? Une voix féminine entrecoupée de gémissements. Le policier standardiste essayait de calmer la femme qui parlait afin de décortiquer ses mots. Difficilement, il a appris que son fils a rendu l’âme suite à ses blessures et ce, au quartier Al Falah. Les éléments de la police judiciaire se sont dépêchés sur les lieux. Les badauds s’attroupaient autour du domicile de la famille endeuillée. Les policiers les ont dispersés, sont entrés au domicile et se sont adressés à la mère. Où est le cadavre du fils ? Il ne se trouvait pas au domicile. Il est à l’hôpital. Pourquoi ? «Je l’ai conduit à l’hôpital quand j’ai remarqué qu’il était gravement blessé. Mais, il est décédé avant d’y arriver», a balbutié la mère aux enquêteurs qui décortiquaient difficilement ses mots. La mère sanglotait avec hystérie. Son fils décédé, Mohamed, était à son vingt-deuxième printemps. À bord d’un fourgon, quelques éléments de la brigade judiciaire qui se chargeaient de cette affaire se sont déplacés vers l’hôpital pour effectuer un constat d’usage. Les autres éléments sont restés au domicile pour se charger de la collecte des informations susceptibles à les aider à mettre sur pied une piste qui leur permettrait d’élucider ce meurtre. En fait, sur une paillasse, les premiers éléments de la brigade ont remarqué le cadavre du défunt avec une première blessure à la poitrine et une seconde à sa cuisse gauche. Les autres éléments de la brigade ont écouté, au domicile, les différentes versions des personnes interrogées. «Après avoir pris son petit-déjeuner, Mohamed est sorti… Je ne sais pas où. Mais, j’étais surprise lorsque je l’ai retrouvé, une vingtaine de minutes plus tard, dans sa chambre, gisant dans une mare de sang et sans connaissance. J’ai appelé la protection civile», a affirmé la mère aux limiers. Les enquêteurs ont interrogé les voisins et les amis du défunt. Personne ne l’a vu hors de chez lui ce matin du mardi 30 mars. Pourquoi sa mère a-t-elle affirmé qu’il est sorti de chez lui ? Les enquêteurs n’avaient pas de réponses convaincantes. Mais, au fil des interrogatoires, ils ont remarqué la main droite de Hamza, frère cadet de Mohamed, qui avait un bandage sur sa main. Le chef de la brigade lui a demandé de l’enlever. Il a remarqué que la blessure semblait être récente. «Qui t’a blessé ?», lui a demandé le chef de la brigade. Une question qui a perturbé Hamza. Gardant le silence, celui-ci n’a même pas pu préciser quand il a été blessé. Ce matin du mardi 30 mars ou la veille ? Martelé de questions, Hamza a fini par craquer. «J’ai tué mon frère, Mohamed», a-t-il avoué les larmes aux yeux. Pourquoi? Le mobile était très futile. Le matin, Hamza s’est réveillé tôt. Il avait l’intention d’aller au bain maure. C’est la raison pour laquelle, il a commencé à chercher les objets nécessaires pour se laver. Quand il a remarqué qu’il n’avait plus de shampooing, il en a demandé à son frère, Mohamed, qui a refusé de lui en donner. Hamza s’est énervé et a insulté son frère. Hors de lui, Mohamed a quitté son lit pour lui donner un coup de poing. Aussitôt, Hamza a couru vers la cuisine, a saisi un couteau, et est retourné à la chambre et a asséné deux coups à Mohamed. Entre les deux coups, il s’est blessé à la main. Certes, la mère était au courant du litige. Après avoir perdu son fils aîné, elle a tenté de garder son benjamin.

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