Un jeu de hasard qui finit mal

Un jeu de hasard qui finit mal

Ou bien l’ont-ils, tous les trois, violenté mortellement ? En effet, chacun des trois jeunes mis en cause se tenant dans le box des accusés de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat se disculpe tout en essayant de coller ce meurtre à ses deux amis.

«Nous jouions aux cartes de hasard… Lorsqu’il a gagné un billet de vingt dirhams, les deux autres amis se sont mis en colère tout en le qualifiant de tricheur… Ils l’ont violenté par un bâton en le blessant au-dessous de son œil gauche et sa bouche», explique ce jeune mis en cause, âgé de vingt-quatre ans tout en précisant qu’il n’a pas touché la victime. «Je me contentais de les regarder sans réagir», ajoute-t-il.

Il était 4 h du matin quand la victime est rentrée chez elle avec des blessures en dessous de son œil et sa bouche. Elle s’est abstenue d’aller à l’hôpital, a affirmé son frère aux enquêteurs de la police judiciaire du commissariat Elayaïda, à Salé. «Ce n’est que trois jours plus tard qu’il m’a expliqué qu’il a été agressé par trois malfaiteurs qui l’ont maltraité en lui donnant des coups avec un bâton et une grosse pierre», précise à la Cour le frère de la victime tout en ajoutant que quelques jours plus tard ses deux amis sont arrivés chez lui pour présenter leurs excuses. «En fait je n’avais rien compris. Ils venaient pour s’excuser de quoi au juste ? Ils m’ont expliqué qu’il s’agissait d’un malentendu à propos de jeu aux cartes de hasard», affirme-t-il en ajoutant qu’il n’a jamais su que son frère jouait aux cartes de hasard.

Au fil des jours, l’état de santé de la victime se détériorait au point que sa famille l’a emmené, douze jours plus tard, à l’hôpital Moulay Abdellah, à Salé.

Examiné, le médecin a attesté que son état n’était pas critique. Mais, quelques jours plus tard, le jeune homme a rendu l’âme. Le rapport médical a conclu que la mort est survenue suite à une infection causée par les blessures. Une conclusion que la Cour a prise en considération afin de déduire qu’il y a un lien de causalité entre les blessures que la victime avait subies par les mains de ses amis et sa mort. Ils ont été jugés coupables pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. Chacun d’eux a été condamné à huit ans de réclusion criminelle.

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