Un joint à l origine d un drame

Un joint à l origine d un drame

Il se tient au box des accusés sans dire le moindre mot. Le président de la Cour le sollicite de répondre à ses questions.

Nous sommes à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Rachid, vingt-huit ans, célibataire et sans profession, reste muet comme s’il était encore sous le choc. Dans le procès-verbal de son audition par les éléments de la police judiciaire, on apprend qu’il n’a jamais pensé à tuer son ami, Abdelouahed, âgé de vingt-six ans, également célibataire et sans profession. Le président de la Cour lui explique qu’il doit répondre pour lever les zones d’ombre dans l’affaire. «Le silence ne te rend pas service. Il faut que tu parles», lui précise le président.

Dans le dossier de l’affaire, Rachid et Abdelouahed étaient des amis intimes. C’est du moins ce que le mis en cause avait déclaré aux limiers. Ils ne se séparaient qu’à une heure tardive surtout qu’ils sont tous les deux chômeurs. Ils se soûlaient et se droguaient ensemble.

Le président de la Cour lit quelques passages de ses réponses aux policiers et lui demande s’il avait effectivement fait les déclarations consignées dans le PV. Rachid acquiesce avec un geste de la tête. Mais le président lui explique que s’il continue à garder le silence il va retourner en prison tout en reportant l’examen de son affaire à une audience ultérieure. Un avertissement qui a eu le don de délier la langue de Rachid. «Il était mon unique ami… mais je ne sais pas ce qui m’est arrivé pour le tuer», entame-t-il ses déclarations à la Cour. Selon le dossier de l’affaire, le mobile n’est qu’un joint.

«Oui, M. le président, il m’a reproché d’avoir fumé tout seul un joint sans le partager avec lui», précise-t-il. Un reproche qui était doublé d’un coup de poing. Rachid ne comprenait pas le comportement de son ami. Il a tenté de ne pas réagir et se calmer. Mais, Abdelouahed semblait n’avoir pas l’intention de le laisser tranquille. Il l’a menacé par un couteau qu’il portait toujours sur lui. Craignant qu’il ne soit touché, Rachid a essayé de le lui arracher. Seulement, Abdelouahed a résisté au point qu’il a pris un coup dans la poitrine et c’était son dernier jour sur terre.  

Verdict : 5 ans de réclusion criminelle.

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