Un malade mental tente de tuer sa soeur

Depuis son enfance, Ahmed souffre de troubles psychiques. Selon ses psychiatres, sa maladie est héréditaire. Il y a quelques années, son frère aîné, qui souffrait de la même maladie, s’est donné la mort par pendaison.
La maladie touche également son frère cadet et son oncle. Un véritable calvaire qu’endure cette famille. Après le suicide de son enfant aîné, le père d’Ahmed a décidé de le marier. Il croyait que le mariage améliorerait son état de santé. Il pensait qu’il se préoccuperait de son foyer conjugal et mènerait une vie pleine d’espoir.
Une jeune femme a été choisie pour être l’épouse d’Ahmed et une petite fête a été organisée pour convoler en justes noces. Ahmed est enfin sous le même toit avec sa moitié qui semblait heureuse.
Quelques mois plus tard, la relation du couple a commencé à se détériorer. Pourquoi ? Ahmed croyait que sa femme l’ensorcelle. Il soupçonnait ses comportements. Résultat :  il ne partage plus le même lit avec elle. Il l’évitait.
Quand elle lui a demandé la raison, il lui a répondu : « Tu veux me rendre fou. Tu m’ensorcelles pour devenir impuissant sexuellement». Ces idées noires le hantaient jour et nuit au point qu’il a commencé à penser à la tuer et se donner la mort. Le jeune homme passe à l’action. Cela remonte à quatre ans. Il était à son vingt-sixième printemps. Armé d’un couteau, il l’a poignardée mortellement avant d’ingurgiter un poison, en tentant de se donner la mort. Son père rentre dans la chambre et découvre deux corps gisant dans une mare de sang. Les gendarmes et les éléments de la protection civile ont été alertés.
Le cadavre de l’épouse a été évacué vers la morgue et Ahmed vers les Urgences de l’hôpital Mohammed V à El Jadida pour qu’il reçoive les soins nécessaires.  Les enquêteurs entament ensuite leur investigation.
Ces derniers ont remarqué qu’Ahmed souffre de troubles psychiatriques, ils l’ont confié à la justice. Ahmed a été jugé irresponsable de ses actes et a été interné à l’hôpital psychiatrique de Berrechid. Quatre ans plus tard, il a été confié à son père puisque son état psychique s’est amélioré relativement. Seulement sa sortie de l’hôpital psychiatrique n’était pas définitive. Le psychiatre de l’hôpital Mohammed V doit l’examiner pour attester par écrit de sa guérison.
Cependant, Ahmed a refusé catégoriquement. Son père n’a pas pu l’obliger de l’accompagner à l’hôpital. « Mais il faut l’obliger, mon père par n’importe quel moyen », a dit Fatima, sœur d’Ahmed, à son père. Quand Ahmed l’a entendue, il a gardé une rancune contre elle.
« Mon père, tu dois le conduire, mardi 20 juin, à l’hôpital pour qu’il soit examiné par le psychiatre », a ajouté Fatima. Ce qui a mis Ahmed hors de lui. «Je dois me suicider », a-t-il pensé. Pour ce faire, il s’est rendu au marché Bir Brahim pour acheter un couteau. Il avait pensé couper les veines de ses deux mains.
Et il a choisi, le dimanche, jour du souk hebdomadaire “Had Ouled Issa“ pour passer à l’action.
Dimanche 20 juin. Vers 10 h du matin. Sa mère, handicapée moteur, sa sœur, Fatima et sa petite nièce Zahira étaient à la maison ce jour-là. Soudain, il a changé d’avis. «Je dois tuer Fatima qui encourage mon père à me conduire à l’hôpital », a-t-il pensé. Aussitôt, il les a surpris à la chambre avec le couteau à la main. «Pourquoi voulez-vous me jeter à l’hôpital?», criait-il tout en brandissant le couteau. Et il s’est jeté sur sa sœur, Fatima, puis lui a asséné des coups de couteau. Après quoi, il a attaqué sa nièce. Gravement blessées, elles ont perdu connaissance. Ahmed a pris ensuite la poudre d’escampette. Il n’a été arrêté qu’après un large ratissage effectué par les éléments de la gendarmerie de la brigade de Sidi Bouzid. Les deux victimes ont été sauvées. Ahmed est actuellement entre les mains de la justice.

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