Un orphelin oblige son père à se suicider

Nous sommes au quartier Sidi Larbi, à Taroudant. Sédik qui occupe une chambre depuis dix-neuf ans n’a plus donné signe de vie depuis la veille du vendredi 23 mai. Ses voisins ont remarqué sa disparition. Depuis qu’il est rentré la veille, vers 19 h, il n’est pas sorti. Etait-il malade ? Peut-être. Un voisin a pris l’initiative de frapper à la porte. Il ne lui a pas ouvert. Que lui est-il arrivé ? Un autre voisin a tenté de pousser la porte. Celle-ci était verrouillée. Aussitôt, ils ont téléphoné au propriétaire de la demeure pour trouver une solution. Quand il les a rejoints, il s’est contenté de frapper à la porte. En vain. Elle est restée fermée. Le propriétaire a alors alerté par téléphone la police. Qui est Sédik ?
L’homme est né en 1954 à Safi. Bien que sa famille est indigente, elle n’a pas hésité de l’inscrire à l’école. Sans dépasser la phase du collège, il a commencé à se débrouiller pour gagner sa vie. Une vie qui l’a poussé à quitter la capitale des Âbda pour le Sud du Maroc et plus précisément à Taroudant. C’est dans cette ville rayonnante du Souss qu’il a entretenu une relation amoureuse avec une jeune fille.
Un amour réel, célébré par une fête familiale nécessaire pour convoler en justes noces. Sédik et sa bien-aimée ont rejoint leur nouveau foyer pour entamer une nouvelle phase dans leur vie. Ils ont partagé aussi bien les bons moments que les mauvais. Malgré la naissance de leur nouveau-né, Khaled, ils sont passés par de mauvais moments.
La preuve ? Ils n’arrivaient pas à gérer ces moments lors desquels un malentendu ou un prise de bec planaient sur leur relation conjugale. Sédik est arrivé à tuer sa femme. C’était en 1985, quand il était à son trente et unième printemps et trois ans après la naissance de leur unique enfant. Cet orphelin de mère et fils d’un père, condamné à vingt-quatre ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme, a été pris en charge par sa grand-mère. Quatorze ans plus tard, Sédik a bénéficié de la grâce royale. Son enfant, Khaled, qui était à son dix-septième printemps n’a pas pu oublier que son père n’était que l’assassin de sa mère. Il l’évitait et ne le rencontrait que par le pur hasard. Il n’avait pas l’intention de le pardonner. Un comportement qui semblait avoir détruit le père, âgé de cinquante-quatre ans. Que devait-il faire ? Quand les éléments du deuxième arrondissement de police sont arrivés, accompagnés de leurs collègues de la police judiciaire et des éléments de la protection civile, la porte a été défoncée sur instructions du procureur du Roi. Et c’était la surprise : Sédik s’est suicidé par pendaison. Dans deux lettres, il a expliqué que sa vie devenait impossible puisque son unique fils le culpabilisait à chaque moment et lui rappelait son crime qu’il tentait en vain d’oublier.

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