Un père de famille incestueux devant le juge d’instruction à Fès

Un père de famille incestueux devant le juge d’instruction à Fès

Husseïne n’est pas le premier père incestueux arrêté au Maroc. Il y en a plusieurs. En plus, son arrestation n’est pas récente, mais elle remonte à sept mois. Il est, depuis septembre 2009, en détention préventive, à la prison civile Aïn Kadous, à Fès. Et pourtant, ce fait divers a défrayé, dernièrement, la chronique judiciaire. Pourquoi ?«J’en ai ras-le-bol. De sa cellule à la prison Aïn Kadous, Husseïne nous menace, moi et mes enfants, de nous expulser de notre maison si nous ne désistons pas en sa faveur», a répondu, par téléphone à ALM, l’épouse Laâziza, 46 ans.
Laâziza ne supporte plus les menaces de son mari qui leur demande, elle et ses deux filles victimes d’inceste, de remettre une lettre de désistement au juge d’instruction chargé de son affaire. Elle n’arrive plus à garder le silence tout en attendant le verdict de la justice et décide de crier à haute voix pour se protéger elle et ses enfants. Il y a une trentaine d’années, Laâziza et Husseïne ont convolé en justes noces. Elle était encore mineure, 16 ans, alors qu’il était son aîné d’une année.
«Au début, il était un brave homme, généreux, qui me traitait avec un grand respect…», a-t-elle précisé à ALM. Au fil du temps, ses comportements ont commencé à changer. Comment ? Sur le lit, il devenait comme un monstre. C’est du moins ce qu’a raconté Laâziza à ALM sans donner, par pudeur, plus d’explication. C’était un calvaire qu’elle éprouvait. Et pourtant, ils ont mis au monde onze enfants dont sept jeunes filles. «Mais, je n’ai jamais imaginé qu’il arrivera à atteindre ce stade de monstruosité», a-t-elle affirmé à ALM. De quel stade parle-t-elle ? Nous sommes en juillet 2003. C’était l’été. La famille plongeait dans un profond sommeil à son domicile situé à Hay Lamsella, à Bab Ftouh, quand un cri strident a réveillé Laâziza et ses enfants. Le cri provenait du premier étage. Embarrassés, la mère et ses enfants qui étaient au deuxième étage sont descendus. Direction ? La chambre d’où provenaient les cris. Et c’était la mauvaise surprise : Husseïne dénudé se tenait devant sa fille, Karima, 14 ans, qui tremblait. En fait, elle dormait dans une chambre avec l’une de ses sœurs au deuxième étage. À pas de loup, il y est entré pour conduire sa fille, Malika, à une chambre du premier étage pour l’obliger à lui céder. Laâziza a porté plainte. Husseïne a été arrêté. Il a tout nié. Il a accusé sa femme d’avoir monté ce coup contre lui pour l’empêcher de se remarier. «D’abord, c’est moi qui lui ai demandé de se remarier pour ne pas toucher les filles. Mais, il a refusé», a-t-elle souligné. Les membres de la famille, les proches et les voisins sont intervenus. Le désistement a été remis au juge d’instruction. Et le père incestueux a été relâché sans être jugé. Karima s’est mariée et a mis au monde deux enfants. Et l’affaire a été enterrée.  Malheureusement, sept ans plus tard, cette affaire a été exhumée. Pourquoi? C’était en septembre 2009. Et plus précisément, lors d’une nuit du mois sacré, Ramadan. Laâziza sommeillait quand elle a entendu les cris d’une fille. Elle a quitté le lit pour descendre vers la chambre d’où provenaient les cris. Avec ses enfants, elle s’est tenue à la porte de la chambre. Ne croyant pas ses yeux, elle s’est effondrée après avoir perdu conscience: son mari, Husseïne, qui était nu, portait un couteau et menaçait sa fille, Âwatef, quinze ans, collégienne en huitième année d’enseignement fondamental, qui était à moitié nue, de la tuer si elle ne lui cède pas.

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