Un père force sa fille à se prostituer

Un père force sa fille à se prostituer

Nous sommes à Benslimane. Youssef, 48 ans, s’est réveillé tôt ce vendredi 15 septembre. Il s’est accoutumé à ne quitter son lit qu’en début d’après-midi. Cela fait belle lurette qu’il est au chômage et qu’il en fait une justification à sa paresse chronique. Sans prendre de petit-déjeuner, il s’habille et sort de chez lui. Il se dirige vers une maison située dans une ruelle donnant sur le boulevard Moulay Youssef. Il s’agit en réalité d’une chambre en location où réside Rahma, 43 ans, sa maîtresse.
Pourquoi Youssef est-il donc si pressé de retrouver Rahma ? Lui aurait-elle subitement manqué, au point de le faire renoncer, ce matin-là à ses habitudes de grasse matinée prolongée ?
Youssef frappe à la porte, Rahma lui ouvre mais sans lui adresser le moindre mot, il fait irruption à l’intérieur de la chambre. Sur le divan, une fille est allongée. Elle semble être plongée dans un profond sommeil, au point de ne pas réagir lorsque Rahma hausse le ton pour demander à son amant des explications sur cette intrusion matinale. Youssef ne lui répond pas, il se dirige vers le divan et prononce le nom de la jeune fille, sa propre fille :  «Sakina, Sakina, Sakina», comme pour tenter de la réveiller.
Sakina se réveille alors sans comprendre sur le moment la nature de la relation qui unit son père et cette Rahma.
«Viens avec moi…», lui ordonne alors Youssef, sur le ton d’une colère contenue.
La tenant par la main, il la traîne jusqu’au commissariat de police. Hébêtée, Sakina se tient silencieuse, ne songeant même pas à demander ce qu’ils sont venus faire dans ce commissariat.
«Ma fille, déclare Youssef aux policiers, est séquestrée depuis un an par Rahma qui la prostitue».
Les enquêteurs procèdent donc sans tarder à l’arrestation de Rahma qui leur livre une tout autre version des faits.
«C’est lui qui l’a conduite chez moi et l’a forcée à se prostituer…C’est lui également qui empochait le produit des passes de sa fille…», affirme-t-elle aux enquêteurs.
Les enquêteurs n’en croient pas leurs oreilles. Youssef tente de se disculper. Les enquêteurs finissent par faire éclater la vérité.
Cela fait quinze ans que la vie de Sakina s’apparente à un cauchemar. Quatre ans après sa naissance, elle et sa mère sont abandonnées par Youssef. Suite à une plainte déposée contre lui pour abandon de famille, ce dernier est condamné à deux mois de prison ferme. Hélas, cet emprisonnement le rend encore plus cruel qu’auparavant.
Lorsque Youssef recouvre la liberté, il retourne chez son épouse et sa fille, Sakina, et s’applique à transformer leur vie en enfer. Quelques mois plus tard, la mère de Sakina décède. Voilà la malheureuse orpheline livrée à la férocité d’un père irresponsable et cupide.
Pour se procurer de l’argent, Youssef commence par louer sa fille comme bonne à une famille aisée de Skhirate. À l’âge de treize ans, Sakina décide de fuguer. Elle se rend à Casablanca qu’elle ne connaît pourtant pas. Par malchance, son chemin croise celui de Bouchra, une prostituée. Celle-ci l’enrôle dans le plus vieux métier du monde.
Sakina perd sa virginité et commence à s’habituer aux clients. Jusqu’au jour où elle est arrêtée par la police. Encore mineure, elle est donc remise par la justice à son père.
Lorsqu’elle avoue à Youssef comment elle a été exploitée par une proxénète après avoir perdu sa virginité, avoir appris à se soûler et à se droguer, Youssef a aussitôt pensé à en profiter. Il est donc sorti acheter quatre bouteilles de vin et de retour auprès de sa fille, l’entraîne dans une nuit de débauche incestueuse sous couvert de fêter son retour.
Réticente au départ, Sakina finit par céder. D’un verre à l’autre, elle se laisse faire et devient ainsi la maîtresse de son propre père.
C’est ainsi qu’après en avoir fait sa « femme », Youssef finit par se transformer en proxènéte de sa propre fille par le biais de Rahma, sa maîtresse.
Et lorsque Rahma cessa de lui plaire, il imagina de se débarrasser d’elle en la dénonçant.
Le plan monstrueux de Youssef s’est achevé lundi 18 septembre, aux côtés de Rahma, au palais de justice d’Al Oulfa, à Casablanca, chez le procureur du Roi près la Cour d’appel. Quant à Sakina, elle a été placée à l’institut Abdeslam Bennani.

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