Un père incestueux traduit en justice

Un père incestueux traduit en justice

L’idée ne lui a jamais effleuré l’esprit. Elle n’a jamais pensé qu’elle pourrait, un jour, devenir la femme d’un enseignant. A quinze ans, elle avait certes remarqué l’intérêt que lui portait son professeur d’éducation islamique, mais elle a gardé ses distances et découragé toute avance éventuelle de sa part. A dix-huit ans, elle ne pouvait plus. Ceci d’autant plus que Hassan a une bonne réputation parmi le corps enseignant de l’établissement scolaire du quartier Sidi Bernoussi à Casablanca que la jeune fille fréquente.
Mais malgré le fait qu’ils aient scellé leur acte de mariage, elle n’a pas voulu abandonner ses études. Elle a néanmoins quitté son lycée pour une école privée d’informatique. Son diplôme passé, elle a été embauchée par une entreprise de la place. Les noces pouvaient donc être célébrées. Le couple s’est alors installé dans un appartement qu’il a loué au quartier Sidi Bernoussi. Au fil des jours, la jeune épouse va découvrir la véritable nature de son mari ; un homme veule et avare qui ne s’intéressait qu’à sa propre personne. Non seulement il ne lui laissait plus le moindre sou, mais il demandait de lui verser l’intégralité de son salaire à la fin de chaque mois. Sa famille s’étant installée en Italie, elle n’avait personne à qui se confier. N’en pouvant plus, elle a décidé de confesser ses malheurs par téléphone à sa mère. Celle-ci ne l’a pas crue. Elle lui a demandé de faire preuve de patience. Ce dont Hassan semblait manquer. A preuve, il lui a demandé un jour d’intercéder auprès de ses parents pour qu’ils les laissent occuper leur maison de vacances. «Alors que la maison de tes parents est inoccupée durant toute l’année, nous on paie inutilement un loyer», lui a-t-il dit un jour. Ses beaux-parents donnèrent une suite favorable à cette demande. Au bout de trois ans, le foyer s’est égayé d’une naissance d’une fille, mais quelques années plus tard, le couple divorce. L’enseignant a bénéficié du droit de garde de son unique fille et son ex-femme s’est remariée avec un MRE qui vit en Italie. Hassan a été muté à Sidi Yahia Al Gharb. Sa fille qui continue toujours à vivre avec lui ne voyait sa mère que durant les vacances scolaires de l’été.
A onze ans, elle a été invitée à venir passer quelques jours avec sa mère et ses grands-parents qui lui offraient des cadeaux à chacun de leurs retours en vacances au Maroc.
Le soir, comme d’habitude, elle regardait la télévision avec sa grand-mère. Alors qu’elles regardaient un film classique sur la chaîne arabe Rotana Zaman, la grand-mère a “zappé“ une séquence où l’on voyait deux acteurs s’embrasser, ce qui n’a pas été du goût de la petite fille. La grand-mère lui a alors expliqué qu’il était honteux de voir des gens s’embrasser. «Ce n’est pas vrai, moi, je regarde avec papa des films où les gens font l’amour tous nus», a-t-elle déclaré. «Je fais de même avec mon père», a-t-elle précisé. Elle a ajouté que son père la déshabillait, lui touchait ses parties intimes et lui écartait les jambes, etc. «Il me disait que tous les papas font ça avec leurs  filles…», a-t-elle dit innocemment à sa grand-mère et à sa mère. Avec le soutien de l’association «Touche pas à mon enfant», une plainte a été déposée auprès de la police à Casablanca accusant le père d’inceste. La fille a été auditionnée. Elle a raconté tout ce que son père lui faisait. L’affaire est actuellement entre les mains de la justice à Kénitra.

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