Une amitié finit par un meurtre

«Je l’ai tué sans le vouloir…», a balbutié Abdelghani devant les magistrats de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Les larmes aux yeux, Abdelghani a avoué son crime avec regret.
L’assistance écoutait avec attention ses déclarations. Pourquoi l’a-t-il tué ? C’est en 1978 que Abdelghani a vu le jour à Casablanca. Issu d’une famille pauvre, il a passé tous ses 29 printemps dans le calvaire. Pour aider sa famille, il se débrouillait pour gagner quelques dirhams. Un jour, il a croisé Abdelmoughite, son aîné de trois ans. La vie des deux se ressemblait tellement qu’ils sont devenus inséparables. 
«J’ai une petite somme d’argent et je pense fabriquer une petite charrette que j’utiliserai pour vendre des cigarettes, des bonbons et des gâteaux…», a confié Abdelmoughite à son ami. Ce dernier l’a encouragé en le mettant en garde contre les problèmes qu’il pourrait avoir avec les autorités locales. «Pourquoi ne participes-tu pas à ce petit projet si tu as un peu d’argent ?», lui a rétorqué Abdelmoughite.
«Je ne supporterais pas la course-poursuite quotidienne qu’engagent les forces auxiliaires contre les marchands ambulants», a répondu Abdelghani.
Pourtant, ce dernier a fini par se lancer dans la petite affaire. Et les deux amis ont entamé leur petit commerce pour gagner dignement leur vie et subvenir aux besoins de leurs familles. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où Abdelmoughite a décidé de ne plus être l’associé d’Abdelghani. Une explication ? Abdelghani n’en avait aucune et à chaque fois qu’il se rendait chez son ami, ce dernier l’insultait et le chassait. Un comportement agressif qui a mis Abdelghani, hors de lui, ne pensant qu’à se venger. Il a acheté un couteau qu’il n’a pas hésité à brandir pour asséner à son ami deux coups : un au niveau de son épaule droite et l’autre au niveau de la poitrine. Abdelmoughite est tombé au sol. Ses cris n’avaient pas dissuadé son adversaire armé.
«C’est un homicide avec préméditation et guet-apens qui mérite un châtiment sévère», a requis le représentant du ministère public. Prenant la parole, l’avocat de la défense a souligné : «Il n’avait pas l’intention de le tuer… et par conséquent je demande à ce que mon client bénéficie des circonstances atténuantes».
Après les délibérations, la Cour a rendu son verdict : vingt ans de réclusion criminelle contre Abdelghani qui sanglotait toujours en  quittant la salle d’audience. 

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