Une amitié finit par un meurtre

L’amitié n’a pas de prix. C’est la phrase prononcée, devant les magistrats de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, par Bouchaïb qui semble avoir regretté son acte criminel contre celui qu’il considérait comme son meilleur ami.  «Nous étions dans un état d’ivresse, M. le président…», a-t-il précisé lors de son interrogatoire comme s’il tentait de justifier son crime. L’ivresse ne justifie jamais un crime et ne disculpe jamais un acte criminel.  «Mais, je n’avais pas eu l’intention de le tuer, M. le président…», a-t-il tenté de convaincre le président de la Cour. Ce dernier lui a rappelé que le parquet général ne l’avait pas accusé d’homicide volontaire, mais de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.  Âgé de vingt-sept ans, Bouchaïb n’a jamais agressé un voisin, ami ou proche. Quand il était écolier, c’était un enfant sans problèmes et brillant. Collégien, il était un adolescent qui jouissait d’une bonne réputation. Seulement, il a échoué dans son parcours scolaire lorsqu’il a atteint la neuvième année d’enseignement fondamentale. Bref, il était obligé de chercher un emploi pour ne plus rester au chômage. Son meilleur ami et son cadet de trois ans, Saïd, l’a aidé à être embauché dans une société où il travaillait depuis trois ans. Leur rencontre est devenue quotidienne au point où l’un semblait devenir comme l’ombre de l’autre. Une fréquentation quotidienne qui avait eu un effet négatif sur le parcours de Bouchaïb. Il a commencé à s’enivrer. Avant de travailler et fréquenter quotidiennement son ami, Saïd, il n’avait jamais pris une goutte d’une boisson alcoolisée. Il était un musulman pratiquant qui ne ratait jamais ses cinq prières quotidiennes. Malheureusement, depuis qu’il a ingurgité son premier verre, il ne se prosterne plus devant Dieu et son comportement a  complètement changé. Mais il est resté ce jeune homme qui jouit d’une bonne réputation. Qu’est-ce qui lui est arrivé pour tuer son meilleur ami ?
Bouchaïb et Saïd étaient ensemble, un samedi soir, la veille du jour de leur repos, quand ils ont décidé de prendre un grand taxi, depuis leur quartier de Hay Mohammadi, pour arriver au centre-ville. Après avoir passé une demi-heure dans un café, ils sont rentrés dans un bar de la rue Allal Ben Abdellah. D’une bière à l’autre, ils étaient complètement ivres. Vers 23 h, ils ont quitté le bar pour chercher un grand taxi les ramenant à leur quartier. Seulement, en un clin d’œil les bons moments qu’ils ont passés au bar ont fini par un drame. Comment ?
«Il faut solliciter ta sœur à rompre sa relation avec Jamal…», a demandé Saïd à Bouchaïb. Une demande qui a fait déborder le vase puisque Bouchaïb n’a pas attendu de lui donner un coup de ciseau. Saïd s’est renversé et sa tête a cogné le trottoir. Rapidement, il a passé de vie à trépas. Et Bouchaïb a été condamné à dix ans de réclusion criminelle.

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