Une amitié qui finit mal

Une amitié qui finit mal

«Je n’avais pas l’intention de le tuer ». Une phrase qui ressemble à un vieux refrain tellement ressassé que l’on n’y accorde plus aucune attention. Comme s’il voulait se disculper d’un acte qui taraude tellement sa conscience qu’il n’en dort plus, Mounir répétait mécaniquement cette phrase chaque fois que le président de la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca lui posait des questions. Récidiviste, il a déjà eu à comparaître devant cette même cour et à peaufiner sa stratégie de défense. Ce qui ne lui a pas porté chance.
Au contraire, elle n’a fait que provoquer l’ire de plusieurs hommes en noir. Résultat : il a purgé une peine d’emprisonnement de dix-huit mois ferme pour vol qualifié. Une expérience carcérale qui l’a fait définitivement dévier vers la délinquance. Dès sa  relaxe, il y a trois ans, il a commis nombre de délits.
Aîné d’une famille indigente, il est mis, à son septième printemps, à l’école. Quatre ans plus tard, il en est exclu. De mauvaises fréquentations lui apprendront ce qu’il ne fallait nullement qu’il apprenne ; c’est-à-dire fumer, se droguer et se soûler. Des vices dont l’assouvissement nécessite énormément de moyens. Et le chemin le plus simple pour se faire de l’argent lui semblait être le vol avec violence ou à l’arraché.
Avec d’autres jeunes de son quartier, il a commencé à commettre des agressions. Au fil du temps, il a fini par être  arrêté et condamné à dix-huit mois de prison ferme.
Relâché, il a repris ses mauvaises fréquentations. Les boissons alcoolisées, le haschich et les psychotropes le rendirent insupportable. Une nouvelle fois, il a été appréhendé et condamné à la prison. Là, il fit la connaissance de Rachid qui est âgé de vingt-sept ans. Ils devinrent les meilleurs amis du monde.
Leurs relations perdurèrent même après qu’ils eurent retrouvé la liberté.
Rachid et Mounir sont devenus, hors de prison, deux amis que rien ne semblait à même de séparer, ni l’alcool, ni la drogue, ni les agressions qu’ils commirent. 
Un jour, alors qu’ils étaient en train de s’enivrer, Rachid a avoué à Mounir avoir abusé de lui quand ils étaient dans la même cellule de la prison.
«Nous avons partagé maintenant tant le bien que le mal et je suis obligé de te révéler un secret…J’ai abusé de toi, un jour à la prison, alors que tu dormais …Tu dois m’excuser…», lui déclare-t-il. Une confidence qui a mis Mounir hors de lui : «Tu n’es plus mon ami…». Rachid a tenté de l’apaiser, mais en vain.
A chaque demande de pardon, Mounir répondait par des injures, puis par des coups de poings et de pieds. Puis ce fut au tour des armes blanches d’être brandies. Celle de Mounir a touché Rachid à la poitrine.
Ce dernier n’a pas reculé. Au contraire, il a lardé l’épaule de son protagoniste d’un coup profond. En réponse, Mounir lui a planté son couteau au niveau du cœur.
Dans le prétoire, son avocat a  réclamé les circonstances atténuantes.
Pour sa part, le représentant du ministère public a requis une peine maximale; une requête qui semble avoir été prise en considération par la cour. Cette dernière a condamné Mounir à 20 ans de réclusion criminelle.

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