Une cupidité qui mène en prison

Mohamed n’a pas donné signe de vie depuis deux jours. D’habitude, il ne quitte que rarement le quartier. Il aime Tleta Sidi Mbarek Bougadra (province de Safi) où il vit seul dans un deux pièces qu’il a loué il y a fort longtemps. Il y jouit d’une bonne réputation et tout le monde l’aime et l’apprécie. Bien que célibataire, il ne boit pas, ne se drogue pas et personne ne l’a jamais vu en compagnie d’une fille fut-elle de joie. Il passe la majorité de son temps libre chez lui ou en compagnie de ses voisins de quartier.
Aussi quand ils ne l’ont pas vu à leurs incontournables rendez-vous, ils se sont posé des questions. Pourquoi a-t-il disparu? Où est-il allé ? Est-il malade ? Pour avoir la réponse à ces interrogations, l’un de ses voisins s’est  chargé de lui rendre visite. Mais il a eu beau frapper à sa porte, personne ne lui a répondu. Au troisième jour de ce mois de janvier 2007, un autre voisin a pris la même initiative. Arrivé devant la maison où Mohamed réside, il pousse la porte donnant sur la rue, monte les premiers escaliers et s’arrête soudain. Une odeur nauséabonde lui pend à la gorge.
A chaque pas, elle devient plus tenace. Ayant trouvé porte close, il s’est mis à frapper avec force sur le battant de la porte. Nulle réponse ne lui est néanmoins parvenue. Il redescend donc l’escalier, ameute d’autres voisins et leur explique qu’une odeur nauséabonde provient de la maison de Mohamed. Ensemble, ils se rendent chez-lui et  enfoncent la porte. Ils se trouvent alors face à face avec une scène d’horreur qui  dépasse l’imagination. Mohamed gît dans une mare de sang coagulé, complètement défiguré par les nombreux coups qu’il a dû recevoir. Ils alertent aussitôt la gendarmerie du commandement de Tleta Sidi Mbarek Bougadra. La maréchaussée se rend sur les lieux et entame ses constatations d’usage. « Un cadavre en composition avancée, criblé de huit coups assénés à l’aide d’une arme tranchante », notre son PV en concluant au meurtre. Qui l’a commis et pour quelles raisons ? Pour trouver réponse à ces questions, les gendarmes auditionnent quelques témoins, effectuent  des investigations minutieuses et entament un véritable travail de fourmi. Ils posent de nombreuses questions aux mitoyens avant de découvrir que la victime fréquentait assidûment un jeune homme. Son prénom : Abdellah.
Il a la trentaine et il est sans profession. Sa première rencontre avec Mohamed ne remonte qu’à deux ou trois mois et pourtant ils sont devenus des amis intimes. Autour de quelques verres de thé, ils discutaient longuement et riaient souvent. La cupidité mettra néanmoins fin à leur amitié et à la vie de l’un d’entre eux. Ayant remarqué que la maison de son  nouvel ami était bien  meublée, Abdellah décide de voler tous les objets de valeur qui s’y trouvent. Le jour « J », il s’est armé d’un couteau avant de rendre visite à Mohamed. A minuit, Abdellah s’est levé pour partir.
Seulement, au lieu de descendre les escaliers, il est monté se cacher sur la terrasse. Il y est resté jusqu’à ce que Mohamed soit dans les bras de Morphée. Vers 1 h du matin, il redescend à pas de loup et ouvre la porte. Le grincement de celle-ci réveille alors Mohamed. Il allume la lumière et découvre le manège d’Abdellah. Ce dernier l’a alors criblé de coups de couteau avant de prendre la fuite. Conséquence : Mohamed a été mis en terre et Abdellah traduit devant la Cour d’appel de Safi.

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