Une employée, un concierge et leur complice orchestrent le hold-up d’un bureau de change

Une employée, un concierge et leur complice orchestrent le hold-up d’un bureau de change

Nous sommes à Casablanca. Et plus précisément à l’angle du boulevard Mohammed V et boulevard la Résistance dans la résidence située au n° 353. Il était nuit quand l’un des deux concierges qui s’y chargent de la surveillance a entendu des coups successifs. Inquiet, il a commencé à appeler l’autre concierge. Celui-ci ne lui répondait pas. Pourquoi ? Etait-il plongé dans un profond sommeil? Peut-être. Le concierge entendait encore les coup. Qui donnait ces coups ? Il ne savait rien. À pas de loup, il a commencé à descendre les escaliers. Quelques étages de la résidence plongeaient dans l’obscurité. Il n’a pas choisi, par précaution, d’utiliser l’ascenseur. Il avançait tout en gardant le silence. Un silence de mort. Il entendait encore les coups. D’où venaient-ils ? En fait, il n’a remarqué l’ombre de personne. Tout doucement, il continuait à descendre. Il essayait de ne pas faire de bruit. Les coups ne se sont pas arrêtés. Et tout d’un coup, il a mis les pieds au rez-de-chaussée. Dans l’obscurité, il a remarqué quelqu’un qui frappait avec ses pieds à la porte de l’ascenseur. Qui est-il ? À quelques mètres de loin, il n’a pas pu le dévisager. En plus, la nuit, tous les chats sont gris. Il ne pouvait pas l’identifier. Mais, il est arrivé, difficilement, à déterminer la voix. C’était la voix de son collègue, l’autre concierge. Rapidement, il a allumé la lumière. C’était bel et bien lui, il avait la bouche fermée par un ruban adhésif et les mains et les pieds ligotés par un câble électrique. Qui l’a torturé ? Des malfrats qui ont mis la main sur l’argent en devises qui était dans le coffre-fort du bureau de change qui se situe à la résidence. C’est du moins ce que le concierge ligoté a confié à son collègue. En fait, il s’agit d’un crime qu’il fallait dénoncer. Certes, le concierge qui a libéré son collègue a composé le numéro 19 et a alerté la police. Les éléments de l’arrondissement de police qui étaient en permanence, ainsi que ceux de la police judiciaire se sont dépêchés sur les lieux. En plus, les éléments de la police scientifique et technique les ont rejoints. Ils devaient effectuer le ratissage de la scène du crime pour prélever les éléments nécessaires permettant de mettre la main sur une piste de l’enquête. D’abord, les enquêteurs ont remarqué qu’il y avait une caméra de surveillance au bureau de change. C’était un bon signe puisqu’elle allait les aider à tirer, le plus tôt possible, l’affaire au clair. En visionnant la vidéo enregistrée par la caméra, ils ont remarqué une partie du visage d’une personne qui n’est pas étrange pour eux. À qui appartient cette partie du visage ? Au concierge qui était ligoté ! Pour s’assurer, les enquêteurs ont montré la photo tirée de la vidéo au deuxième concierge. Celui-ci a confirmé qu’il était bel et bien lui. Le concierge en cause a été interpellé. Les images de la vidéo devant ses regards, il a craché le morceau. Il a affirmé aux enquêteurs que l’employée du bureau de change lui a sollicité de participer avec elle et une troisième personne pour mettre la main sur l’argent qui était dans le coffre-fort et le partager ensuite. Quelques jours plus tard, ils sont passés à l’acte. À l’insu de l’autre concierge, ils ont mis la main sur l’argent qu’ils n’ont pas encore partagé et ont orchestré un faux hold-up. L’employée du bureau de change, le concierge et leur complice ont été arrêtés par les détectives de la police judiciaire de Hay Mohammedi-Aïn Sebaâ et ont été traduits, récemment, devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca poursuivis pour constitution d’une association de malfaiteurs, vol qualifié et outrage à la police judiciaire en faisant une fausse déclaration.

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