Une enseignante doublée d une escroc

Une enseignante doublée d une escroc

Elle était toujours tirée à quatre épingles. Ses collègues à l’école privée située au quartier El Bernoussi, à Casablanca, où elle enseignait la langue anglaise, se demandaient d’où venait cet argent lui permettant d’acheter des objets précieux qu’elle ne pouvait se procurer avec son seul salaire mensuel. Mais personne n’imaginait que cette jeune belle enseignante, âgée de trente-sept ans, célibataire, avait une autre personnalité qu’enseignante de la langue anglaise, celle d’une escroc qui se faisait passer pour une proche et amie du conseiller de SM le Roi. Personne ne voulait croire qu’elle a été arrêtée pour avoir mis une vingtaine de victimes dans ses filets.
Personne n’a pensé un instant qu’elle pouvait être un imposteur. Mais, ils ont enfin tout cru quand ils l’ont vue, dernièrement, se tenir dans le box des accusés à la salle d’audience de la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Casablanca. Certes, elle a tout nié. Elle s’est disculpée catégoriquement, mais les victimes étaient là pour raconter la vérité et démasquer cette enseignante doublée d’une escroc. «Elle m’a dit qu’elle était proche du conseiller de SM le Roi», ont affirmé toutes les victimes qui se sont succédé à la barre. Mais sa réponse était toujours : «Ce sont des menteuses, M. le président».
Cependant les chèques qu’elle avait émis à ses victimes et qui portent les sommes qu’elle avait reçues constituent une preuve tangible qui l’incriminent. «J’avais besoin d’argent que j’ai emprunté chez elles. Et je leur ai donné des chèques en tant que garantie ni plus ni moins, M. le président», a-t-elle expliqué au tribunal. Mais les victimes ont précisé au magistrat que la jeune escroc leur a promis monts et merveilles contre d’importantes sommes d’argent. Elle a promis à l’un un agrément de taxi, à l’autre un poste dans une administration publique, à un troisième un contrat de travail en Europe, à un quatrième un lot de terrain du domaine public, etc. Des promesses, bien sûr, qu’elle ne pouvaient tenir. Verdict : 5 ans de réclusion criminelle.

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