Une fille de joie en tue une autre à cause d’un client

Une fille de joie en tue une autre à cause d’un client

A pas lents, elle rentre à la salle d’audience. Le policier qui se tient derrière elle lui ordonne de prendre rapidement sa place parmi les mis en cause qui se tiennent dans le banc des accusés. Elle le regarde sans piper mot.

Nous sommes à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Nadia s’assoit au banc des accusés en attendant qu’elle soit appelée à la barre par le président de la Cour.

«Nadia…», l’appelle le magistrat. Elle se tient lentement debout pour faire deux ou trois pas vers le box des accusés. Le président de la Cour lui rappelle les accusations qui lui ont été attribuées, à savoir coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.
Fondant en larmes, elle se disculpe en affirmant: «Je ne l’ai pas touchée… c’est elle qui m’a donné des coups de poing, M. le président».
Au contraire, lors de son interrogatoire par les éléments de la police judiciaire, selon le procès-verbal, elle l’a giflée avant de lui asséner deux coups de bâton.

Nadia, âgée de trente-deux ans, est une fille de joie, demeurant au quartier Sidi Bernoussi, à Casablanca. Mère d’un enfant, elle a quitté son douar originaire, à Sidi Bennour, pour se jeter dans le gouffre de la prostitution. Mais, elle n’a jamais imaginé qu’elle se retrouverait un jour sous les verrous avec un meurtre sur le dos.
Son amie, qui était le seul témoin dans l’affaire, affirme que Nadia et la victime, Saïda, vingt-huit ans, également prostituée, étaient leurs amies qui occupaient la même chambre.
«J’étais en leur compagnie quand elles ont commencé à s’échanger les reproches à propos d’un client qu’elles avaient rencontré je ne sais où», explique cette fille.

Ce client, selon la version de la mise en cause, était son amant avant qu’il ne soit «volé» par la victime. Un comportement qui a mis Nadia hors d’elle. Au fil des reproches, la victime a saisi une petite table pour la jeter au visage de Nadia qui n’a pas pu tenir ses nerfs.
«Je suis intervenue pour les empêcher de commettre l’irréparable surtout que Nadia s’était déjà armée d’un bâton. Mais, elle m’a donné un coup au niveau de l’épaule», précise le témoin à la Cour.

Nadia a donné ensuite deux coups à son amie, la victime, qui a poussé un cri strident avant de tomber par terre, morte sur le coup.
Verdict : 10 ans de réclusion criminelle après avoir bénéficié de circonstances atténuantes.

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