Une sage-femme arrêtée à El Jadida pour avortement clandestin

Une sage-femme arrêtée à El Jadida pour avortement clandestin

Nous sommes à El Jadida. Au 2ème arrondissement de police, une jeune fille rentre, vers 5 h du matin, et se tient, les larmes aux yeux, devant le chef. Elle le supplie d’intervenir pour sauver sa sœur. Qu’est-ce qui lui est arrivé? La jeune fille qui gémit n’arrive pas à raconter ce qui est arrivé à sa sœur. Le chef tente de la calmer, la tranquilliser, la consoler et lui assurer d’intervenir pour sauver sa sœur, mais à condition qu’elle lui résume l’histoire. S’affaissant sur une chaise, elle lui affirme : «Ma sœur se trouve maintenant chez une sage-femme demeurant au quartier Essalam. En principe, elle doit l’avorter. Seulement, vu l’état critique de ma sœur, elle n’a pas pu le faire. Et elle nous a téléphoné pour nous affirmer que ma sœur risque de mourir». Au moment où la jeune fille présente la situation de sa sœur, son téléphone portable sonne. C’est la sage-femme qui l’appelle et lui demande : «Vous devez venir conduire votre sœur chez vous. Je ne peux rien lui faire. Elle risque de mourir».
Le chef de l’arrondissement alerte le service de la police judiciaire de la sûreté d’El Jadida. Une brigade se charge de l’affaire. Ses éléments demandent à la jeune fille d’expliquer à la sage-femme qu’elle ignore l’adresse de son domicile et qu’elle ne peut pas la rejoindre chez elle à 5 h 30 du matin.
«Nous pouvons nous rencontrer d’ici trente minutes juste à côté du bureau de La Poste », lui demande-t-elle. À bord d’un petit taxi, la sage-femme arrive sans le moindre retard et rencontre la jeune fille. Tout d’un coup, quelques hommes l’encerclent. Ce sont les enquêteurs de la PJ d’El Jadida. Ils la conduisent vers son domicile, au quartier Essalam. Ils trouvent la femme enceinte, Souâd, sœur de la jeune fille qui les a alertés. L’état de santé de la femme enceinte semble être grave. L’un des limiers téléphone à la protection civile et demande une ambulance. La femme enceinte a été transportée aussitôt au service de la maternité au Centre hospitalier provincial Mohammed V à El Jadida. Enfin, la jeune femme enceinte a été sauvée et a accouché d’un nouveau-né de sexe féminin. Mais qu’est-ce qui lui est arrivé ? Depuis plus de cinq mois, elle a fugué du foyer parental à El Jadida. Sa mère a déposé une plainte pour «recherche au profit de la famille». Quant à Souâd, elle a choisi d’aller à la ville ocre, Marrakech. Là, elle a rencontré des jeunes filles qui l’ont mise sur le chemin de la prostitution. Depuis, elle a commencé à fréquenter les bars, les boîtes de nuit, les maisons closes en quête d’un client. Contre des sommes d’argent, elle partageait le même lit avec ses clients. Rapidement, elle est tombée enceinte. Que devait-elle faire ? Souâd est retournée à El Jadida. Chez un charlatan, elle a rencontré une femme. Celle-ci lui a indiqué la sage-femme pour se débarrasser de son fœtus. En compagnie de sa mère, Souâd s’est rendue chez la sage-femme. Elle lui a versé 3.500 dh pour se faire avorter . Il était 23 h quand la mère est retournée chez elle pour laisser sa fille chez la sage-femme qui a commencé son «travail». Tout d’un coup, Souâd a senti des douleurs dans son ventre et a commencé à crier. Aussitôt, la sage-femme a essayé de mettre la patiente en dehors de son domicile. Seulement, celle-ci a refusé. La sage-femme a appelé la mère de Souâd, puis sa sœur leur demandant de venir emmener leur fille à l’hôpital pour empêcher que l’irréparable ne se produise.

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