Une soirée d’ivresse finit par un meurtre

«Allo, une femme a rendu l’âme chez moi… ». C’est la seule phrase que Mohamed a prononcé après avoir composé le 19. À l’autre bout du fil, son interlocuteur dans la salle de trafic de la sûreté de la préfecture de police à Casablanca lui a demandé : «Chez toi ? Où ? Qui est cette femme ? Ton épouse ?…». Mohamed est resté perplexe quelques secondes avant de répondre à ces questions. Lui, il habite dans une maison à la rue Sénégal, située non loin de la Mosquée Hassan II. Mohamed a donné l’adresse exacte à l’agent. Mais qui est cette femme? Sans pouvoir répondre, Mohamed a raccroché le téléphone. Quelques minutes plus tard, un fourgon de police arrive sur les lieux. Trois enquêteurs de la PJ y ont descendu et ont remarqué un curieux devant la porte de la maison où la femme a été retrouvée morte. Mohamed s’est présenté aux policiers. Il leur a expliqué que la femme n’était ni son épouse, ni une proche et qu’elle était une ivrogne et droguée qui ne demeurait pas loin de chez lui. Cette femme titubait, la veille, quand il l’a remarquée à une heure tardive et qu’il a sollicitée de le rejoindre chez lui afin qu’elle ne soit pas agressée ou violée par des délinquants. Mohamed était chez lui en compagnie de cinq amis.
Divorcé et père de huit enfants, Mohamed occupait seul la maison où il invitait ses amis pour s’enivrer.
«Elle a ingurgité deux bières avant de plonger dans un profond sommeil. Le matin, nous l’avons retrouvée corps sans âme…», a affirmé Mohamed aux enquêteurs qui n’ont remarqué aucune trace de violence, ni de blessures sur le cadavre de la victime, ni une goutte de sang qui macule les lieux. S’agit-il vraiment d’une mort naturelle ? Pour un enquêteur de police, tout est possible et le doute reste la règle. Les enquêteurs ont fait appel aux services d’un médecin légiste. Pour ce faire, le cadavre a été évacué à l’hôpital médico-légal situé non loin du cimetière Arrahma. Et l’autopsie a tranché: la mort de cette femme n’était pas naturelle. Le rapport du médecin légiste a précisé que la mort était la conséquence de coups violents au niveau de l’un des deux reins. Les enquêteurs ont arrêté Mohamed et ses cinq amis et les ont conduits au commissariat pour complément d’enquête et lui ont posé une question claire: «Qui a frappé la défunte» ? Convaincu qu’il risque d’être accusé de meurtre, Mohamed a lâché le morceau : «C’est Mostafa qui l’a frappée…». Pourquoi?
Mostafa est passé à table. Ce père de deux enfant a reconnu que la défunte était sa maîtresse et qu’un malentendu avait éclaté entre eux. Il s’est énervé et il l’a frappée par son pied au niveau de son rein. Quand elle s’est évanouie, ils ont cru qu’elle vient de perdre connaissance suite à l’abus d’alcool. Seul Mostafa est poursuivi pour coups et blessures ayant entraîné la mort. Quand à Mohamed, il a été accusé d’aménagement de lieu de débauche et ivresse et ses quatre autre amis de débauche et ivresse.

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