Une vengeance qui conduit à la prison

Bank Al- Maghrib, avenue Hassan II, à Casablanca. Devant la grande porte de cette bâtisse se tient, jour et nuit, deux policiers qui assurent la garde.
Nous sommes le vendredi 14 mars. Un vagabond a avancé vers l’un des deux policiers. Il lui a tendu une enveloppe et lui a dit que c’était de la part d’un homme qui était dans une voiture garée à côté de cet établissement. Qui est cet homme ? Le vagabond n’en savait rien. Sans ouvrir l’enveloppe, le policier a alerté aussitôt son supérieur. Et la préfecture de police à Casablanca a pris la chose au sérieux. Qui sait ? Tout est possible. Des enquêteurs de la PJ et de la police scientifique se sont ainsi dépêchés sur les lieux.
D’abord, c’était le travail de la police scientifique qui a permis de conclure qu’il s’agissait d’une enveloppe qui ne renfermait ni produit explosif ni poison. Mais elle contenait une lettre. Son signataire s’est présenté comme un retraité de la Marine Royale qui a été contacté par quatre hommes travaillant dans une société de gardiennage (Il a cité leurs noms et prénoms). Le quatuor, selon la lettre, veille sur la sécurité d’une société de produits électroniques. Il a précisé dans la lettre qu’ils l’ont conduit, violemment et à bord d’une voiture, vers une villa du quartier Sidi Bernoussi. Là, ils lui ont proposé de se charger des entraînements de leurs éléments. Bref, ils sont membres d’une cellule de terroristes. Il a ajouté que le quatuor lui a montré un arsenal d’armes à feu et lui a affirmé que leur cellule terroriste vise à commettre des actes terroristes dans les lieux touristiques de Casablanca, Fès, Marrakech, Agadir et Meknès. Il est même question de détruire le siège du Parlement. Aussitôt, les enquêteurs ont mis les quatre agents de sécurité sous surveillance tout en gardant le vagabond chez eux. Seulement, ils n’ont rien remarqué d’étrange. Les quatre employés qui sont sans appartenance politique mènent une vie ordinaire et normale. Au fil des jours, un policier s’est approché de l’un des quatre agents de sécurité sans le mettre au courant de sa fonction. Il l’a interrogé s’il avait des ennemis. La réponse était affirmative. Qui sont-ils ? Deux collègues qui ont été licenciés dernièrement. En fouillant dans les archives de la société, les enquêteurs ont pu avoir leurs photos d’identité. Lorsque le vagabond qui a remis la lettre au policier a vu les deux photos, il a reconnu l’un d’eux. Il s’agit de la personne qui lui a remis la lettre. Une souricière lui a été tendue par les enquêteurs. Et il a été ainsi piégé pour tomber dans les filets des limiers. Il a tout avoué. Il a reconnu avoir monté ce scénario de toutes pièces. Pourquoi ? Pour se venger de ses quatre collègues qui, selon lui, étaient responsables de son licenciement. Il a été traduit devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Casablanca.

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