Vingt ans de réclusion criminelle pour matricide

Nous sommes à la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Al Âbdi, surnom de ce jeune homme qui se tient au box des accusés, semble être un habitué des salles d’audience. Effectivement, au procès-verbal, il a été consigné qu’Al Âbdi, âgé de trente-six ans, avait déjà purgé deux peines d’emprisonnement. Une première fois pour complicité au vol qualifié qui lui a coûté deux ans de prison ferme. La deuxième, il a purgé une peine de cinq ans de réclusion criminelle pour vol qualifié avec récidive, coups et blessures à l’arme blanche. Depuis l’âge de 3 ans, cet orphelin de père a été pris en charge, avec son frère aîné, par sa mère, Fatna. Celle-ci a déployé tous ses efforts pour qu’ils vivent  dans de bonnes conditions. Elle faisait le ménage chez des gens pour gagner l’argent nécessaire pour répondre aux besoins de ses deux enfants qui grandissaient avec le temps.
Si son enfant aîné est arrivé à avoir le niveau du baccalauréat et a obtenu un emploi à El Jadida, Al Âbdi n’a pu dépasser le niveau du primaire pour se livrer à la débauche. Il s’est abstenu d’apprendre un métier lui permettant de gagner dignement sa vie et de prendre également en charge sa mère qui ne pouvait plus travailler surtout après avoir été atteinte du diabète. Au fil du temps, la mauvaise fréquentation a jeté Al Âbdi dans le gouffre de la criminalité. C’est ainsi qu’il a purgé les deux peines d’emprisonnement. Quand il a été relâché la dernière fois, il avait l’intention de se reposer pour quelques semaines avant de reprendre son activité criminelle. Durant cette période, il recourait à sa mère pour obtenir l’argent nécessaire pour acheter sa dose en haschich. Quand elle refusait de lui remettre de l’argent, il n’hésitait pas à l’injurier et à la frapper. Son frère qui travaillait à El Jadida les rejoignait de temps en temps et le sollicitait de laisser sa mère en paix. En vain.
La dernière fois, il s’est réveillé, s’est lavé et a pris son petit-déjeuner. Après, il s’est approché de sa mère et lui a demandé de lui verser quelques dirhams afin d’acheter des cigarettes. «Je n’ai plus un sou…», lui a-t-elle répondu. Une réponse qui n’a pas plu à Al Âbdi au point qu’il a commencé à crier. Sa mère a reculé sans réagir. Al Âbdi a continué à protester à haute voix. Et sa mère est retournée à la cuisine. C’est le moment où il a saisi un bâton et lui a asséné deux coup sur la tête. La mère est tombée par terre, le sang coulait de sa tête. Avant que les éléments de la protection civile arrivent, elle est passée de vie à trépas. Et Al Âbdi a été arrêté et traduit devant la justice qui l’a condamné à vingt ans de réclusion criminelle.

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