Vingt ans de réclusion criminelle pour matricide

Vingt ans de réclusion criminelle pour matricide

«Ma mère est morte? Non. Elle est encore en vie. Et je ne l’ai jamais maltraitée. J’aime ma mère ».
C’est la déclaration de ce jeune qui se tenait, récemment, au box des accusés de la salle d’audience à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Settat. Actuellement âgé de vingt-deux ans, il est accusé d’homicide volontaire contre ascendant. Quand il a commis son crime odieux, il n’était qu’à son vingtième printemps. Autrement-dit son crime remonte à deux ans. «Ma mère est chez elle. Elle fait ses tâches domestiques…», a assuré ce jeune aux yeux hagards à la cour tout en tournant de temps en temps sa tête vers les sièges de la salle d’audience comme s’il cherchait sa mère parmi l’assistance. Jouait-il l’idiot ou est-il malade mental ? Auparavant, la Cour avait décidé de mettre le jeune entre les mains du chef de l’hôpital psychiatrique de Berrechid pour l’examiner et savoir s’il était lors de son crime en pleine conscience ou était totalement ou partiellement irresponsable. Une expertise médicale qui a duré plusieurs semaines avant que le rapport n’ait été mis sur la table des trois juges de la chambre criminelle qui examinent cette affaire criminelle. La conclusion du rapport était ferme : le mis en cause était «partiellement irresponsable en raison de l’affaiblissement de ses facultés mentales au moment du crime». Dans ce cas, le code pénal est clair. Son article 78 stipule que «lorsqu’une juridiction de jugement estime, après expertise médicale, que l’auteur d’un crime ou d’un délit, bien qu’en état d’assurer sa défense au cours des débats, était néanmoins atteint lors des faits qui lui sont imputés d’un affaiblissement de ses facultés mentales entraînant une diminution partielle de sa responsabilité, elle doit constater que les faits poursuivis sont imputables à l’accusé ou au prévenu; le déclarer partiellement irresponsable en raison de l’affaiblissement de ses facultés mentales au moment des faits ; prononcer la peine ; ordonner, s’il y a lieu, que le condamné sera hospitalisé dans un établissement psychiatrique, préalablement à l’exécution de toute peine privative de liberté…». «Non, M. le président…Je n’ai jamais fait de mal à ma mère. Je l’aime…», a affirmé le jeune mis en cause devant le président de la Cour qui semble être obligé, par la force de la loi, de débattre cette affaire. «Nous avons entendu un cri strident qui provient de la maison de cette femme torturée à chaque fois par son fils qui semble être un malade psychique… Nous intervenions d’une fois à l’autre pour l’empêcher de la maltraiter», a expliqué un témoin à la Cour. Quand les voisins du douar Ouled Rami, commune rurale Sidi Dahbi, circonscription de Ben Ahmed où il demeure avec sa mère, une sexagénaire, sont arrivés à savoir ce qui se passait, ils sont restés perplexes, ne savaient plus ce qu’ils devaient faire, ni à quel saint se vouer. La mère, sexagénaire, sans vie et pendue par son pied droit à un arbre, présentant plusieurs traces de violences surtout au niveau de sa tête et ses membres inférieurs et supérieurs qui semblaient être fracturés. Alertée, la police judiciaire qui a diligenté une enquête pour savoir les circonstances et le mobile de ce crime n’a arrêté le mis en cause que le lendemain quand il s’est apprêté à rentrer chez sa sœur et après avoir passé toute la nuit à la belle étoile. La sœur du mis en cause a précisé aux enquêteurs que son frère est malade psychiquement, qu’il s’est habitué à frapper sa mère et réclamait sa part d’héritage. En effet, durant toutes les phases de son interrogatoire, soit devant les enquêteurs de la PJ, devant le Parquet général, devant le juge d’instruction et devant la Cour, ce jeune répondait qu’il n’a jamais maltraité à mort sa mère.
Jugé à vingt ans de réclusion criminelle, il a quitté la salle d’audience en criant que sa mère est toujours en vie.

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