Violée à Aïn Harrouda par des dépanneurs

Violée à Aïn Harrouda par des dépanneurs

C’est un véritable cauchemar que vit Nadia, 23 ans, depuis le mercredi 28 février. Cette jeune femme qui demeure dans la région de Aïn Harrouda et travaille dans une entreprise de confection située dans la zone industrielle de Aïn Sebaâ, à Casablanca, a été embarquée de force à bord d’un véhicule de dépannage automobile à sa sortie de l’usine et conduite, sous la contrainte, dans un endroit désert avant d’être violée par deux individus et abandonnée sur la voie publique.
Le temps lui semblait avoir suspendu son vol, tellement sa souffrance était intense. Des moments où l’indicible avait revêtu le visage de deux malfrats hirsutes qu’elle ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Sa vie active ne faisait que commencer mais pourtant ce jour tout a basculé et d’un coup elle s’est retrouvée victime du plus vil des actes.
«Je continue ma vie, mais j’ai un trou noir dans la tête et ça me fait souffrir», dira-t-elle aux infirmières de l’hôpital Moulay Abdellah à Mohammédia où elle a reçu les premiers soins avant de se rendre à la gendarmerie royale de Aïn Harrouda. Il lui a fallu prendre son courage à deux mains avant d’entamer son récit.
«Je suis sortie de chez-moi vers
6 h 30 pour me rendre vers le lieu où, d’ordinaire, je prends le taxi qui m’emmène vers mon travail. Il n’y avait personne. Quelques minutes plus tard, un dépannage auto s’est arrêté. Un jeune homme qui se tenait à côté du chauffeur m’a lancé un petit sourire. J’ai reculé de quelques pas. Le jeune homme est descendu suivi du chauffeur. En un clin d’œil, ils m’ont saisie par les bras et m’ont fait entrer de force dans  leur véhicule. Le chauffeur a démarré à grande vitesse et il ne s’est arrêté qu’une fois arrivé dans un endroit désert. Je les ai suppliés de me libérer». Une larme lui perle alors à la paupière.
Elle ne pouvait en dire plus tellement sa peine était intense et que sa honte d’avoir subi un tel outrage grandissait à fur et à mesure que tournait le ruban de la machine à écrire d’un autre âge sur laquelle l’homme de permanence consignait sa déposition. Il en était déjà à remettre ses papiers, carbones et autres pelures pour entamer une seconde page. Quant à elle, elle était à ses pensées, tenaillée entre un intenable sentiment de honte et d’humiliation et la rage de n’avoir rien pu faire pour éviter le pire. «Alors !». La voix du gendarme l’a ramenée aux temps présent. Il fallait qu’elle aille jusqu’au bout de sa déposition.
«Ils m’ont obligée à ôter mes vêtements. Ils ont menacé de me tuer si je n’obtempérais pas à leurs ordres et ils m’ont violée à tour de rôle. Quand ils ont fini, ils m’ont de nouveau embarquée. Tout au long du trajet, l’un d’entre eux me tenait sous la menace de son couteau. A l’entrée de Mohammédia, ce dernier a ouvert la portière et m’a jetée dehors. J’ai perdu connaissance et, à mon réveil, je me suis rendue à l’hôpital Moulay Abdallah». Fin du premier acte. Le second a commencé au parquet général près la Cour d’appel de Casablanca devant lequel les deux malfrats ont été déférés.
Leur condamnation guérira-t-elle Nadia de ses blessures. Rien n’est moins sûr.

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