Violée sous le regard des badauds

Violée sous le regard des badauds

Il était minuit ce jour du mois d’avril. Souâd, qui était sortie de chez elle à Azemmour, vers 18 h, pour faire des courses n’est pas encore rentrée. De coutume, cette femme divorcée et sans enfants, rentrait tôt à la maison, où demeurent également sa mère et sa sœur unique Hind, pour couper court aux mauvaises langues.
Depuis sa répudiation et le décès du père, elles sont restées toutes les trois sous le même toit. C’est la mère qui se débrouillait pour subvenir à leurs besoins.
Depuis l’échec de sa première relation conjugale, Hayat ne veut plus se remarier. Plusieurs jeunes hommes se sont adressés à elle et à sa mère pour la demander en mariage. En vain. Les souvenirs douloureux de son expérience avec son ex-mari, qui la maltraitait et la battait pour un oui ou pour un non, sont encore très vifs dans sa mémoire.
"Où devait-elle être à cette heure tardive ?", se demandait la mère.  Sa sœur, Hind, l’a appelée au téléphone. Personne ne répond.
Inquiète, sa mère pleurait à chaudes larmes. La pauvre femme ne savait pas à quel saint se vouer. Sa fille, Hind tentait de la calmer. La nuit est tombée et Hayat n’a toujours pas donné signe de vie. La mère a décidé de sortir la chercher. Elle ne pouvait pas rester les bras croisés jusqu’au matin.
Avant de sortir, elle a demandé à sa fille, Hind, de rester à la maison au cas où Hayat reviendrait.
Sur son chemin, elle croise un jeune garçon, qui se tenait au bout de la rue Garâa. « Tu restais chez toi alors que ta fille était en train d’être violée par Mohamed », lui lance-t-il. La mère est sous le choc, elle a failli perdre connaissance. Le jeune garçon l’emmène chez elle. Tous les habitants du quartier connaissent Mohamed ; un clochard, soûlard et drogué, d’une trentaine d’années, qui a purgé à trois reprises des peines d’emprisonnement. Il a écopé de six mois de prison ferme à deux reprises avant de purger deux ans lors de sa troisième condamnation. Et pourtant, il récidive. Après sa chaque condamnation, il devient encore plus agressif et plus cruel. La mère et sa fille se sont adressées à Mohamed qui s’abrite dans une maison abandonnée, loin de quatre ou cinq cents mètres de la demeure de Hayat. Elles ont frappé à la porte en appelant Hayat. Seulement, Mohamed qui était sous l’effet de boissons alcoolisées et de drogue les a violentées au point que la mère a perdu encore une fois connaissance. Un moment plus tard, elle s’est réveillée et s’est adressée à la police pour déposer plainte. Les éléments de l’arrondissement de police qui assuraient la permanence l’ont accompagnée jusqu’à la maison abandonnée de Mohamed. Ce dernier a brandi un couteau et a menacé les agents de la police de les tuer s’ils s’approchent de lui. Mais un agent de police réussira à maîtriser l’individu qui a essayé en vain d’opposer une résistance farouche. C’est ainsi que Hayat a pu être libérée après avoir été violée à trois reprises par le mis en cause. Elle a déclaré aux policiers qu’elle a été conduite sous la menace d’un couteau sans que les habitants aient réagi. «Personne n’a osé l’affronter pour me sauver», affirme-t-elle en pleurant. Pire encore, personne n’a alerté ni la police ni sa mère. Tout le monde est resté passif. Ils avaient peur du violeur et de ses éventuelles représailles !

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