Violence conjugale : Mort naturelle ou criminelle ?

Nous sommes à la ville des roses, Mohammédia. Quand Najat a rencontré Abdelilah, pour la première fois il y a plus de douze ans, elle a cru qu’elle avait enfin trouvé l’homme de sa vie. Surtout qu’Abdelilah était très sympathique. Elle était à son trente et unième printemps et il en était à son dix-huitième. Tous les deux étaient issus de familles nécessiteuses.Ils ont convolé en justes noces en organisant une petite fête et ils ont entamé leur vie conjugale sous le même toit d’une baraque située aux Carrières Labradâ. Du jour au lendemain, les comportements du jeune homme ont commencé à changer et son calme a cédé la place à sa nervosité. Pour un simple malentendu, il n’hésitait pas à la violenter, à l’humilier et à lui interdire d’aller chez sa famille. Une année plus tard, son foyer a été égayé d’une belle fille qu’il a prénommée Fatima Zahra. Ce bébé ne l’a pas encouragé à changer ses comportements et à devenir plus clément avec sa femme. Au contraire, il est devenu plus agressif, même avec sa petite fille qui commençait au fil des jours à grandir. Cinq années après la naissance de Fatima Zahra, le foyer de ce couple a vu la naissance d’un garçon. Il s’agit d’Ayoub qui est actuellement à son septième printemps. Ce dernier et sa sœur assistaient souvent à la scène de dispute entre leurs parents qui finissait toujours par une raclée subie par leur mère. Qu’est-ce qui est arrivé quand il leur interdit d’assister à la nuit de noces qui sera organisée par une proche de la famille ? Quand Abdelilah est retourné chez lui, ce samedi 24 mai, il a appris que sa fille, Fatima Zahra, avait accompagné sa grand-mère à la nuit des noces. Énervé, il a violenté sa femme. Lorsque sa fille est rentrée, il ne lui a pas permis de rentrer. Fatima Zahra n’avait d’autre choix que d’aller passer la nuit chez sa grand-mère. Et Abdelilah a recommencé à violenter sa femme au point qu’il a tenté de l’ étouffer avec un foulard. Heureusement, leur fils, Ayoub, est sorti à la rue pour demander du secours.
Mardi 27 mai, Abdelilah a une fois de plus frappé sa femme avant d’aller se réfugier chez sa sœur demeurant aux Carrières Al Massira. Le lendemain matin, Najat a perdu connaissance à la rue quand elle est sortie faire des courses. Elle a été évacuée aux Urgences où elle a subi des soins avant de rentrer chez elle vers l’après-midi. Le jeudi 29 mai, vers 3 h du matin, Najat a rendu l’âme. Son époux était toujours chez sa sœur. Sa fille, Fatima Zahra qui a assisté à la mort de sa mère a rejoint sa grand-mère pour l’aviser. Cette dernière a déposé plainte contre son beau-fils puisqu’elle a remarqué des blessures et des ecchymoses sur le corps de sa fille.
Le mari a été arrêté et a été traduit devant la justice en attendant les résultats de l’autopsie pour déterminer la cause de la mort et savoir s’il s’agissait d’une mort naturelle ou criminelle.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *