33% des patients empruntent de l’argent pour leur traitement

Les maladies du rein constituent un réel problème de santé publique. Près de 2 millions de Marocains sont atteints d’une maladie rénale. Selon l’Association Reins, 3.000 patients nécessitent chaque année un traitement par dialyse chronique mais seule une minorité y accède. Près de 7.000 patients sont dialysés régulièrement et seulement 160 ont pu bénéficier d’une greffe rénale. Des chiffres qui ne font que prouver que la situation est catastrophique. La Journée mondiale du rein, célébrée le jeudi 12 mars, a été l’occasion de faire le point sur les maladies rénales qui sont en constante évolution. Sous le thème «Reins et hypertension», cette journée a pour objectif de sensibiliser la population à faire face aux sévères réalités de ces maladies et à sensibiliser les pouvoirs publics et les organismes de couverture à investir dans les mesures préventives, et ce, à travers une prise en charge plus agressive par les médecins du contrôle de l’hypertension artérielle. Pour savoir comment les bénéficiaires de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) perçoivent son fonctionnement, une étude a été réalisée par l’Association Reins. Réalisée auprès des patients dialysés, celle-ci a permis de mesurer leur satisfaction vis-à-vis de leur couverture médicale (CNOPS, CNSS). Il ressort de cette étude que 55% des patients ont découvert leur maladie à l’occasion d’un bilan.
Les causes de l’insuffisance rénale sont les maladies rénales (31%), l’hypertension artérielle (28%) et le diabète (26%). Par ailleurs, 69% des patients ont été informés sur leur assurances-maladie par leur entreprise et 96% des patients étaient en règle avec l’assurance- maladie lors de la découverte de l’insuffisance rénale. L’enquête souligne que la satisfaction vis-à-vis de l’assurance-maladie est plutôt bonne : 87% se sont déclarés satisfait-même si 40% des personnes interrogées ont déclaré ne pas connaître le taux de remboursement pour la dialyse. S’agissant du traitement de l’anémie, 46% ont déclaré ne pas connaître le taux de remboursement de ces médicaments. Si 70% des patients avancent l’argent pour les médicaments antianémiques, 91% ont des difficultés. Cette situation s’explique par le fait qu’ils n’ont pas d’argent (67%). 33% des patients sont contraints d’emprunter de l’argent et 29% des malades interrogés n’ont personne pour les aider. Quant au délai de remboursement, la satisfaction n’est pas bonne.
Seulement 24% se sont dit satisfaits. Pour 65% des patients, le délai est trop long (plus de 2 mois). Près de la moitié soit 41% veulent que le remboursement soit facilité et 28% et demandent une augmentation du taux de remboursement. A l’occasion de cette journée mondiale, l’Association Reins a développé des actions de communication ciblée sur les maladies rénales et des campagnes de dépistage précoce.
Un millier d’habitants à Hay Mohammadi ont rendez-vous avec une caravane d’information. Ces personnes venant de quartiers défavorisés vont bénéficier, d’une prise de tension artérielle,  d’une analyse d’urine, d’une consultation médicale ainsi que d’une échographie en cas de besoin. La sensibilisation et le dépistage précoce constituent un premier pas pour lutter contre la maladie.

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