98% des entreprises ne veulent pas basculer vers l’AMO

98% des entreprises ne veulent pas basculer vers l’AMO

Les entreprises assurées auprès du secteur privé de l’assurance veulent maintenir leurs couvertures actuelles. 98% des entreprises ne souhaitent pas basculer vers l’assurance maladie obligatoire (AMO) et restent attachées au principe du libre choix de l’organisme assureur. C’est ce que révèle l’enquête réalisée par la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR) auprès de 673 entreprises ayant une couverture maladie privée. L’étude souligne que 86% des entreprises sont satisfaites du panier des soins des compagnies d’assurance. Les entreprises ne cachent pas leur satisfaction au niveau des délais de remboursement des compagnies d’assurances (82%), de la clarté des procédures des assureurs (82%), de l’accueil des assureurs (88%) et de la capacité d’écoute et de la proximité (85%). Le baromètre réalisé par l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) met en exergue l’insatisfaction des assurés CNSS concernant les délais de remboursement, l’accueil dans les guichets ou du système de tiers payant. A noter que seulement 25% de ces assurés sont satisfaits de l’accueil aux guichets des agences CNSS, 11% des délais de remboursements et 3% du système du tiers payant. La FMSAR avance plusieurs raisons expliquant pourquoi les entreprises assurées au privé doivent garder leur couverture actuelle. La première raison est le remboursement et la prise en charge des prestations médicales. Alors que les assureurs privés remboursent entre 80 et 90% des dépenses engagées par les assurés, le remboursement et la prise en charge des prestations médicales se font sur la base de 70% d’un tarif national de référence. A titre d’exemple, pour une visite chez le généraliste d’un coût de 100 DH, le montant remboursé par la CNSS (70%) est de 56 DH contre 80 DH par l’assureur privé ( 80%). Pour une césarienne d’un montant de 12.000 DH, la CNSS ne rembourse que 5.600 DH alors que la somme remboursée par l’assureur privé est de 9.600 DH.
Contrairement aux compagnies d’assurance, les soins dentaires, le transport sanitaire et l’assistance médicale ne sont pas pris en charge par l’AMO.La réticence des entreprises se justifie par la limitation des médicaments remboursables. La liste des médicaments remboursables par l’AMO ne compte que 2.500 sur 6.000 médicaments mis sur le marché. Par ailleurs, en basculant vers la CNSS, les salariés vont perdre le bénéfice de la couverture décès-invalidité qui est comprise dans les contrats d’assurance. La souscription à une assurance maladie obligatoire constitue l’unique voie pour préserver aux salariés leurs acquis. Une assurance qui ne sera pas sans répercussion sur le pouvoir d’achat des salariés et sur les charges sociales des employeurs. Pour la FMSAR, les entreprises n’ont aucun intérêt à basculer vers l’AMO dans la mesure où il s’agit d’un régime qui est encore en phase de démarrage et la CNSS n’a aucune expérience dans la gestion de l’ambulatoire. Parmi les autres facteurs qui défavorisent l’AMO, la FMSAR relève les référentiels de santé ( Nomenclature générale des actes professionnels, Nomenclature générale des actes de biologie) ne sont pas encore complétés, ce qui a pour conséquence de rendre très difficile la mise en place d’une assurance santé complémentaire. Les compagnies d’assurance ont reversé dans le secteur de la santé plus de 1,5 milliard de dirhams en 2008, soit 13 fois les paiements de la CNSS. Le basculement vers l’AMO risque d’entraîner une réduction importante de la redistribution dans le système de santé. Ce régime constitue une perte pour l’entreprise et ses salariés qui ne pourront pas négocier leur panier de soins ni choisir librement leur assureur. Rappelons que selon l’article 114 de la loi 65.00 portant code de la couverture médicale de base, les assurés auprès de compagnies privées disposent d’un délai de 5 ans renouvelables à compter de la date de publication des décrets d’application pour passer à l’AMO. La période de transition, qui a commencé en août 2005, prendra fin au même mois de 2010. Les entreprises espèrent une reconduction de ce délai, une décision qui ne peut avoir lieu que sur décision du Premier ministre.

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