A quand une assurance catastrophes naturelles ?

Aujourd’hui le Maroc : En matière d’assurance, quel recours pour les sinistrés des dernières inondations ?
M.J. Bennouna : C’est en fonction de l’assurance à laquelle le concerné avait préalablement souscrit que la couverture est déclenchée ou non. Seules les personnes qui disposent de polices d’assurances qui couvrent ce risque peuvent recevoir des compensations. D’un autre côté, la couverture dépend aussi des traités que les compagnies d’assurances ont conclu avec leurs réassureurs.
Parfois, ces traités ne prévoient pas la couverture de ce genre de risque.
Ce qui constitue le fond du problème à mon avis est que la prise de conscience de l’importance de se couvrir vient un peu tard, soit uniquement lorsqu’un problème de ce genre surgit, alors que l’assurance en elle-même répond à un principe de prévention.
Qu’en est-il du projet d’assurance catastrophes naturelles (ACN) en gestation depuis longtemps ?
Nous avons un gouvernement qui fonctionne au ralenti. Je donne l’exemple du règlement parasismique qui vient de voir le jour après de longues années d’attente.
La mise en place du projet dont vous parlez est urgente, mais la volonté politique n’est pas suffisamment ferme pour le faire bouger de son état stationnaire. C’est un projet qu’il faut concevoir en ayant à l’esprit la structure du pays. Les inondations dans des régions comme Settat ou Mohamedia deviennent récurrentes, le risque, quant à lui, devient certain.
L’année prochaine, le même problème surgira si une solution pour évacuer les eaux pluviales n’est pas mise en place. Cela renvoie à une question de fond.
Selon quelle logique des zones industrielles ont elles été construites dans des cuvettes alors qu’elles doivent être installées dans des régions où le risque est minime. Les solutions existent, mais ne relèvent pas uniquement du ressort des assureurs. D’autant que quand le risque devient certain, il n’est plus assurable. Dans ce sens, je pense qu’à la suite d’une évaluation du risque dans les régions précitées, des difficultés en matière d’assurance verront le jour.
Selon quelle dynamique le projet ACN peut-il être viable ?
Il est conçu comme un projet de mutuelle. La question qui se pose est comment faire bénéficier un non-assuré de l’assurance. Il faut donc imaginer un nouveau système de solidarité auquel adhèrent l’Etat, les collectivités locales, le fisc…Nous pouvons imaginer qu’une part de la taxe sur les constructions, des assurances obligatoires ou de la TVA par exemple soit allouée à cette caisse. Pour le mettre en place, il faut imaginer un système de solidarité qui ne défavorise pas ceux qui payent pour les autres. Aussi, il faudra raisonner en termes de caisses régionales dans la mesure où les risques relatifs aux catastrophes naturelles diffèrent selon les régions.

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