Abbas El Fassi, prudence et calculs politiques

Le 27 septembre prochain, date d’organisation des élections législatives, le secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Abbas El Fassi, aura soixante-trois ans et dix jours. Et si, pour le parti de l’Istiqlal, le pari des prochaines élections est d’une grande envergure, il ne l’est pas moins pour son leader.
Juriste, homme politique, militant des droits de l’Homme, diplomate et ministre, Abbas El Fassi a toujours été dans les arnaques de la politique.
L’unique rêve qui lui reste à accomplir est bien celui de la primature ou, à défaut, le perchoir de la Chambre des représentants. Une ambition légitime pour les Istiqlaliens qui estiment avoir le droit, historiquement mérité selon eux, de conduire un gouvernement de l’alternance.
Aujourd’hui, avec l’arrivée à terme du gouvernement de l’alternance consensuelle et le départ prévisible de Abderrahmane Youssoufi, le rêve se fait de plus en plus persistant. Durant les deux mi-temps de la vie du gouvernement Youssoufi, Abbas El Fassi a tenu à jouer un rôle principal dans l’expérience de l’alternance.
Ainsi, au cours des deux premières années, et bien qu’ayant six ministres de l’Istiqlal au sein du gouvernement, il a adopté la stratégie de « l’appui critique ». Une politique qui consiste à soutenir le gouvernement dans le fond, tout en se démarquant dans la forme. Son élection à la tête du parti de l’Istiqlal ayant été un symbole du renouveau au sein de cette formation, il lui fallait assumer cet esprit innovateur dans l’exercice politique. Il commence donc, dès les premiers mois de l’alternance, à faire, chaque fois que l’occasion se prêtait, une lecture critique de l’action du gouvernement qu’il accusa à maintes reprises de lenteur. Allant parfois jusqu’à laisser entendre qu’il avait un projet politique de rechange, il ne veut parler que du bilan des ministres istiqlaliens dans le gouvernement Youssoufi II, sans assumer l’action collective et la solidarité gouvernementale.. En septembre 2000, à la mi-parcours du gouvernement de l’alternance, Abbas El Fassi est nommé ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle, du Développement social et de la Solidarité. Certes, dans les coulisses de l’Istiqlal, on aspirait à la primature, mais, le choix du porte-feuille était très significatif.
Certains Istiqlaliens sont allés jusqu’à l’interpréter comme une démonstration de l’échec de l’USFP dans le volet social. Arrivé au gouvernement, le leader istiqlalien allait encore une fois faire preuve d’une certaine ingéniosité en adoptant un nouveau concept dans l’exercice de la politique : la dualité entre le pouvoir et l’opposition. Ainsi, durant les deux années qu’aura duré le deuxième gouvernement de l’alternance, Abbas El Fassi a pu conjuguer les deux rôles d’opposant et de ministre. Qu’il s’agisse de stratégie électorale ou d’une simple « prudence politique », cette politique adoptée par le chef de file de l’Istiqlal restera dans les annales de la vie politique nationale.

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