Abdelbari Zemzmi approuve la désignation d’une femme Adoul à l’instar de l’Egypte

Abdelbari Zemzmi approuve la désignation d’une femme Adoul à l’instar de l’Egypte

Amal Suleiman Afifi, un nom qui restera gravé dans la mémoire du monde islamique. Il s’agit, en effet, de la première femme agréée par un tribunal de la famille égyptien pour être «officier d’état civil».
La décision judiciaire du tribunal de la famille, appuyée par le ministre de la justice égyptien Mamduh Meri, n’a pas surpris cette mère de trois enfants. «J’étais sûre d’être nommée car j’avais plus de compétences que mes concurrents mâles», a-t-elle affirmé devant les médias. Pour sa première journée, en tant que «Adoul», la jeune femme de 34 ans a marié un couple dans une mosquée de la ville de Zaqaziq, à 75 km du Caire. Pourtant, d’après la loi musulmane, le témoignage d’un homme vaut celui de deux femmes devant les tribunaux. Par conséquent, une femme officier d’état civil n’aurait pas un poids suffisant. Contacté par ALM à ce sujet, Cheikh Abdelbari Zemzmi ne voit pas de problème. Pour lui, la question est simple. «Du point de vue islamique, la Chariâa n’a pas tranché sur ce sujet. C’est aux mariés de désigner la personne qui va assurer leur lien de mariage», a-t-il assuré. Il a ajouté que «dans un pays comme l’Egypte, qui compte près de 80 millions d’habitants, désigner une femme pour être officier d’état civil peut être une solution pour régler le problème du chômage». «Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une profession libérale qui peut assurer des revenus respectables à celui qu’il l’exerce», a-t-il souligné. «Si les musulmans ont accepté des hadiths rapportés par une des épouses du prophète Sidna Mohamed, pourquoi alors ne pas tenir compte du témoignage d’une femme pour assurer les liens du mariage», s’est-il interrogé. «Même Cheikh Ali Jomaa, grand mufti d’Egypte, souligne qu’il n’y a pas de raison pour empêcher les femmes d’être «Adouls» et qu’il n’y a pas de textes religieux interdisant à une musulmane d’exercer une telle fonction» a-t-il conclu. Rabia Naciri, présidente de l’Association démocratique des femmes au Maroc (ADFM), affirme, quant à elle, qu’être officier d’état civil est un métier comme les autres. «C’est un métier parajudiciaire. Il y a des avocates, des femmes juges, des magistrates, etc. Pourquoi alors ne pas être Adoul?» , a-t-elle déclaré. «Ce sont les compétences qui doivent être prises en considération et non le genre», a-t-elle souligné. Même son de cloche chez Amina Bouayach, présidente de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH). Mme Bouayach a affirmé que «c’est un métier qui peut, bel et bien, être assuré par les femmes que par les hommes. La femme a autant de sagesse et de maturité la qualifiant pour exceller dans cette fonction». Avant que Mme Afifi soit un officier d’état civil, une autre petite révolution a eu lieu cette fois-ci en Belgique. Il s’agit de la désignation de la première femme imam en Europe. Elle a été choisie par la mosquée de Viviers parmi cinq candidates.
Cette désignation s’est basée sur des critères de «la promotion d’un islam réformiste en phase avec son contexte européen», la «volonté de s’engager avec la société belge et européenne dans son ensemble, sans tabous et toujours à la recherche de solutions proactives et inclusives», ou encore la maîtrise aussi bien du français que de l’arabe. Là encore, le critère genre n’a pas été décisif pour choisir une femme afin d’exercer un métier, en mémoire islamique, longtemps occupé par un homme.

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