Abdelilah Benkirane et le PAM, le bras de fer s’amplifie

Abdelilah  Benkirane  et le PAM, le bras de fer s’amplifie

La séance de questionnement mensuelle sur la politique générale du Royaume a de nouveau créé le buzz. Vendredi dernier devant les conseillers, le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, a eu du mal à terminer son intervention suite au retrait du groupe parlementaire du PAM (opposition) de la séance. Celle-ci était, en effet, consacrée à la question de la sécurité alimentaire au Maroc. M. Benkirane a ainsi exposé devant les parlementaires les résultats du secteur agricole et les stratégies hydraulique et agricole du Maroc pour parvenir à une sécurité alimentaire. Mais le cours de la séance a tout à fait basculé lorsque la question égyptienne a été soulevée. Une comparaison faite par le chef de gouvernement n’a pas, semble-t-il, trop plu aux membres du groupe du PAM qui se sont retirés après un échange houleux. Si le chef de gouvernement n’a pas mentionné le nom du parti ou l’un de ses dirigeants, les pamistes ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié d’attaques à peine voilées à leur encontre. Benkirane a ainsi été interrompu par les conseillers. Les appels au calme lancés par le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Cheikh Biadillah, n’ont pas suffi pour que les parlementaires en colère laissent le numéro un du gouvernement poursuivre sa réponse sur la politique agricole du pays. Un scénario qui se répète à chaque passage du chef de gouvernement devant le Parlement, contraint d’essuyer des critiques parfois sévères et démesurées de la part de l’opposition. Mais le PAM se dit plutôt victime. «La situation a atteint vendredi, dernier, un tel niveau que le groupe du parti a préféré se retirer», explique Souhaila Riki, responsable de communication au sein du PAM. Et de poursuivre: «Nous avons à maintes reprises, demandé aux responsables du gouvernement d’enclencher des procédures judiciaires si leurs accusations à l’encontre des responsables du PAM étaient fondées et appuyées par des preuves. Dans le cas contraire, il faut que les attaques contre notre parti s’arrêtent une fois pour toutes». Des rumeurs ont circulé durant tout le week-end sur la manière avec laquelle le PAM allait protester. Mais une source autorisée au sein du parti assure qu’aucune décision n’a été prise pour le moment. Le bureau politique doit se réunir ce lundi 10 décembre dans la soirée pour prendre une décision. Il faut dire que les relations entre le PAM et le gouvernement ont atteint un degré de tension sans précédent. La semaine passée, des députés du parti, au sein de la deuxième Chambre, ont fortement critiqué le projet de loi de Finances en commission en présence du ministre délégué chargé du Budget, Driss Azami Al Idrissi, avant de se retirer des travaux de la commission. Benkirane a d’ailleurs reproché vendredi à un député pamiste la manière avec laquelle il se serait comporté avec M. Azami. Cet incident est loin d’être un cas isolé. Jusqu’où ira donc la confrontation entre le PJD qui mène le gouvernement et le PAM ? Pour le politologue Mohamed Darif, il va falloir respecter les règles du jeu politique par tous les acteurs pour dépasser cette tension. «Il y a une majorité menée par le PJD qui tente de jouer son vrai rôle et une opposition qui essaye de faire de même. Mais on constate que la vie politique nationale est surtout caractérisée, voire dominée, par les divergences qui existent entre le PJD et le PAM. Ces divergences ne sont pas nouvelles mais remontent à la création du PAM. Ce bras de fer a été beaucoup plus perceptible durant les dernières élections partielles à Marrakech et à Tanger», explique-t-il. Reste maintenant à savoir la tournure que prendra ce conflit dans l’avenir surtout que le pays s’apprête à lancer le débat sur les textes qui devront encadrer les prochaines élections locales et régionales.

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