Abdelilah Benkirane prend la tête du Parti de la justice et du développement

Abdelilah Benkirane prend la tête du Parti de la justice et du développement

Abdelilah Benkirane a bouleversé les pronostics dimanche en se faisant élire secrétaire général du Parti de la Justice et du développement (PJD), face au dirigeant sortant Saâd Eddine El Othmani. M. Benkirane,  président sortant du Conseil national, a réussi à inverser la tendance à son profit, en obtenant un total de 684 voix, contre 495 voix pour Saâd Eddine El Othmani qui était pourtant donné largement favori et seulement 14 voix pour l’ex-secrétaire général-adjoint  du parti Abdellah Baha. M. Benkirane, physicien de formation, a creusé l’écart face au psychologue Saâd Eddine El Othmani, en remportant 189 voix de plus. Une victoire qui signe, selon des observateurs, « la fin de l’ère du consensus » incarnée par M. El Othmani. Pour les partisans de M. Benkirane, ce triomphe marque par contre « l’avènement de l’ère de la clarification » revendiquée par la base militante du parti. « On a besoin d’un ton plus clair dans l’expression de nos positions et Abdelilah Benkirane est l’homme convenable pour incarner cette clarification », estime le secrétaire général du secteur de la jeunesse PJD, Abdelaziz Rebbah. « On comprend que Saâd Eddine El Othmani ait adopté le consensus comme formule privilégiée dans la gestion des rapports du PJD avec son entourage, il a d’ailleurs réussi à éviter au parti tous les complots et pièges tendus par nos adversaires. Mais la conjoncture actuelle exige du parti d’exprimer ses positions d’une manière qui ne laisse aucune place à la confusion », observe le dirigeant de la chabiba du PJD.
Abdelilah Benkirane, qui est considéré comme « l’homme de l’étape actuelle», est appelé à gérer au mieux des dossiers aussi délicats que ceux des alliances  politiques, à la veille de l’échéance cruciale des élections communales de 2009. Sur ce point précis, « les choses ne sont toujours pas claires », fait constater M. Rebbah. « Une alliance avec l’USFP est souhaitable », exhorte le nouveau SG du PJD Abdelilah Benkirane (Voir entretien ci-contre). « Nous allons veiller à améliorer nos rapports avec l’USFP, qui sont déjà bonnes », a-t-il ajouté. Mais le PJD envisage-t-il une alternative à l’USFP, en cas d’échec de l’alliance annoncée avec les socialistes ? « Le PJD se tournera, le cas échéant, vers les partis de la droite, ou créera un nouveau bloc constitué de petits partis qu’il présidera lui-même », dévoile Abdelaziz Rebbah.
Au-delà de la question des alliances, le nouveau SG du PJD veillera à la réorganisation interne du parti, qui a  été largement affecté par le scrutin législatif de 2007. M. Benkirane est appelé à renforcer le pouvoir du Conseil national (parlement du parti), multiplier les prérogatives et consolider la liberté d’initiative des secrétariats régionaux… Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le mot d’ordre du 6ème congrès ordinaire du PJD a été la démocratisation interne du parti. C’est à cette démocratie que M. Benkirane doit d’ailleurs son élection à la tête du parti, sachant bien que le choix des candidats et l’élection du SG du parti sont faits, pour la première fois, par les congressistes eux-mêmes.

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