Abdelilah Hifdi : «J ai peur que la partie structurée du secteur de transport ne glisse vers l informel»

Abdelilah Hifdi  : «J ai peur que la partie structurée du secteur de transport ne glisse vers l informel»

ALM : Que pensez-vous de la décision unilatérale de certains transporteurs d’augmenter leurs tarifs?
Abdelilah Hifdi : La mesure du gouvernement d’augmenter les prix du carburant a été prise sans consultation et sans concertation. Donc effectivement, quand des décisions de la sorte impactent le transport routier qui absorbe 30% de la consommation nationale d’énergie et dont le taux de carburant au niveau de la structure des coûts forme un peu près entre 34 et 42%, il faut obligatoirement s’attendre à une répercussion. C’est la conséquence logique des choses. Le transport routier est très sensible aux variations au niveau des sources d’énergie et de leur prix à l’échèle internationale. Donc notre position est claire, à chaque augmentation il y aura répercussion.  

Avez-vous estimé l’impact de telles augmentations?
Nous avons calculé au niveau du transport de marchandises cette augmentation à raison de 10% dans la structure des coûts. Elle est de 7% pour ce qui est du transport routier des voyageurs. Et c’est la même problématique au niveau des autocars. Mais pour ce qui est des taxis, on peut dire qu’une telle augmentation est contraire à la réglementation gérée par l’administration, mais normalement au niveau du transport quand on augmente les prix du carburant on doit s’attendre à une augmentation au niveau de la tarification. Si on veut une production de qualité, un produit de qualité, un transport vertueux, un transport qui ne dégrade pas l’environnement… ceci a un coût pour la collectivité. Rien que pour l’insécurité routière, son coût représente 2,5% par rapport au PIB, c’est presque l’équivalent de ce qui a été dépensé jusqu’à maintenant par la Caisse de compensation.   

Vous avez rencontré le chef de gouvernement lundi dernier, quel était le propos ?
On a été reçus par le chef de gouvernement lundi dernier, et on lui a expliqué notre position. On lui a dit qu’il fallait mettre en place des outils de répercussion. Il faut assurer un fonctionnement transparent de l’économie de marché. Ce n’est pas parce qu’on a calculé l’impact de cette augmentation sur le coût, qu’on a publié un communiqué exhortant le secteur du transport à appliquer la nouvelle tarification que ceci se fera. Il ne faut pas oublier que le secteur du transport c’est principalement de l’informel. S’il n’y a pas de mesures de répercussion qui accompagnent cette augmentation des prix du carburant, on peut aussi se retrouver face à des contournements des règlementations sociales, le contournement des règlementations économiques, le contournement des réglementations de sécurité, etc., ceci aux dépens des entreprises citoyennes. J’ai peur que la partie structurée et organisée du secteur de transport ne glisse vers l’informel, parce que justement il n’y a pas eu de mesures de répercussion.

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