Abdelkader Kaouia : «il y a des solutions mais les gens n ont pas les moyens pour l acquisition»

Abdelkader Kaouia : «il y a des solutions mais les gens n ont pas les moyens pour l acquisition»

ALM : Quelle est l’ampleur du phénomène de l’habitat vétuste et menaçant ruine à Casablanca ?
Abdelkader Kaouia : Les données disponibles pour le Grand Casablanca montrent que la problématique de l’habitat vétuste et menaçant ruine concerne deux préfectures principalement. Il est question de la préfecture d’Anfa et particulièrement l’ancienne médina intramuros et extramuros et puis la préfecture d’El Fida- Derb Sultan. Ce problème touche quelque 80 mille ménages qui habitent dans des logements vétustes et parmi eux il y a quelque 1000 à 3000 mille constructions qui menacent ruine. Il n’y a pas un recensement exact. Mais il y a nécessité d’une expertise pour identifier et classer ces constructions en fonction du degré de danger qui peut exister.

Que font les autorités pour faire face à ce problème ?
Beaucoup de ces constructions qui sont connues par les autorités, sont recensées. Les arrêtés d’évacuation ont été pris et les décisions ont été données aux occupants de ces maisons de quitter les lieux parce qu’il y a danger. Mais généralement, les habitants ne veulent pas quitter leurs logements pour plusieurs raisons. La première est qu’il faut d’abord l’alternative. Ils avancent toujours l’impossibilité de payer les frais des logements qu’on leur propose. Et puis la plupart de ces habitants à Casablanca se trouvent intégrés dans des programmes, soit le programme de la réhabilitation de la médina, soit le programme de la Sonadac de l’aménagement de l’Avenue Royale.
 
Qu’en est-il des familles qui sont morts dans l’effondrement de leurs maisons samedi ? Et quelles sont les mesures d’urgence mises en place?
Les familles qui ont été malheureusement victimes de l’effondrement de leurs maisons samedi étaient  recensées dans le cadre du programme Sonadac. Elles ont bénéficié de logements dans le cadre du programme de relogement au quartier Anassim. Malheureusement, elles n’ont pas souhaité habiter dans ce quartier pour des raisons financières. Et c’est là une question aussi importante  sur laquelle il faut se pencher. Par ailleurs, les autorités ont pris toutes les décisions pour évacuer ces gens afin que ces derniers  habitent soit dans des hôtels, soit dans d’autres endroits tel l’acquisition de nouveaux logements. Et  il y a des solutions mais les gens n’ont pas les moyens.

Y a-t-il une stratégie pour faire face à ce phénomène que connaissent plusieurs villes du Royaume ?
Une stratégie globale avec des analyses fines de tout ce phénomène est aujourd’hui à l’ordre du jour et une commission a été mise en place au niveau de la wilaya pour d’abord l’identification de ces logements qui risquent de s’effondrer à tout moment. En plus de cela le ministère de l’habitat avec les autorités vont lancer une expertise de ces maisons par le biais de laboratoires spécialisés. Aussi l’Agence urbaine a déjà lancé une expertise pour sonder avec précision le problème et pouvoir agir immédiatement. Seulement le phénomène est beaucoup plus vaste et complexe que cela, il appelle à une stratégie globale de la part du gouvernement parce qu’il ne s’agit pas de quelques maisons, mais de quartiers entiers, 15 au moins à Casablanca. Donc il faut une structure qui agit de manière durable et non conjoncturelle, et ce comme un outil d’intervention directe qui peut coordonner l’action de tous les intervenants pour faire face à ce phénomène que connaît une quarantaine de villes au Maroc.

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