Abdellah Firdaous : «Nul n’est au-dessus des lois»

Abdellah Firdaous : «Nul n’est au-dessus des lois»

ALM : Une campagne systématique de dénigrement est actuellement menée par voie de presse contre l’Institution royale. Quelle lecture faites-vous de ce phénomène ?

Abdellah Firdaous : Porter atteinte aux institutions du pays, sur ses fondamentaux, celles-là mêmes qui garantissent l’unité de la nation et les libertés dont jouissent ses citoyens, est rejeté par toutes les grandes démocraties dans le monde. Cet état de fait est d’autant plus valable quand il est question de la Constitution du pays ou encore de ses institutions, dont la plus haute n’est autre que l’institution royale. Monter de toutes pièces, des mensonges, des soupçons pour porter atteinte à cette institution ne peut être toléré dans un Etat de droit où la loi n’existe que pour défendre aussi bien les institutions que les individus de toute volonté de nuisance aux acquis et droits de tout un chacun.
Notre position ne peut dans ce sens s’inscrire que du côté de la loi et de la Constitution de notre pays, en vertu desquels nous sommes obligés de nous en tenir au respect dû à nos institutions et à prendre en considération aussi bien les paramètres de la responsabilité que ceux de la liberté et d’agir aussi bien en fonction de nos devoirs qu’en fonction de nos droits.
On ne peut, sous aucun prétexte ou pression, accepter que l’anarchie s’installe et que des accusations aussi gratuites que nuisibles visent n’importe quel citoyen, encore moins à l’égard de l’institution royale et la personne du Roi qui a en effet fait l’objet de campagnes systématiques de dénigrement, prenant pour appui les principes de liberté d’expression pour véhiculer des mensonges. Loin de nous rapprocher de ce droit inaliénable à l’expression, ces balivernes nous éloignent de toute tentative sérieuse de créer un débat sain et formuler des critiques constructives.
Des concepts désormais galvaudés au point qu’ils perdent tout leur sens. Des concepts malmenés par une poignée d’aventuriers nourris par une haine aussi grande qu’injustifiable.
Ce qui est d’autant plus regrettable, c’est que si l’un de ces aventuriers avait été touché par les mêmes sottises, il aurait remué ciel et terre en invoquant le droit à la réparation et à la dignité et aurait demandé comptes et condamnations.

A votre avis , s’agit-il d’un phénomène isolé ou d’une campagne organisée ?
Nous croyions que les campagnes organisées de temps à autre par une certaine presse dans l’objectif de contester la légitimité de l’Institution royale étaient juste un effet de mode ou de suivisme, une sorte d’impôt que notre jeune démocratie paye pour accéder à l’ouverture et la liberté tant recherchées. Mais nous avons constaté que le silence n’a que trop duré. Les déviations et dérives ne font que gagner du terrain et deviennent aussi systématiques qu’orchestrées, dans le seul but de détruire tout ce que le Maroc a réussi à construire jusque-là. Le constat parle de lui-même. Ces opérations entrent dans un cadre plus global qu’une simple recherche de « vendre » des journaux. De véritables horreurs sont perpétrées dans notre presse et portent atteinte et à son professionnalisme et à son éthique. Une situation qui ne fait que consacrer un climat d’anarchie, d’atteintes de tous genres et une véritable violence verbale. Le problème, c’est que ces agissements sont assimilés comme étant l’expression de la liberté et du droit à la différence. Mais elles ne font que célébrer l’irresponsabilité, jouir des effractions et s’écarter de tout sens de la responsabilité politique et morale. Il est normal que ce phénomène, par ailleurs isolé de notre corps journalistique, rencontre sur son sillage les autres formes de tentatives d’entraver la marche démocratique du pays et qu’il concorde avec les pressions et les chantages dont le Maroc fait l’objet de la part de ses adversaires.

Selon vous, ces attaques sont-elles inhérentes à la période de transition que traverse le Maroc?
Il est clair que dans chaque étape transitoire vers la démocratie, et c’est valable pour tous les pays, il y ait des obstacles et des manigances. Ce qui requièrt davantage de vigilance de la part de tous les démocrates et de toutes les forces vives de la nation qui ont la responsabilité de faire échouer de tels plans et campagnes d’arrière-garde. Ceci, en faisant valoir la force de la loi et celle de la détermination à ne pas céder sur nos fondamentaux. Il faut aussi réduire ces campagnes à leur véritable dimension en faisant valoir justement le droit à la différence d’opinion, mais dans le respect de la loi et des institutions qui en sont les garantes. Aussi, il faut élever le degré du débat et transcender les limites auxquelles ces dérives nous poussent.

Estimez-vous que le dénigrement de la personne du Roi bénéficie au processus de démocratisation et d’ouverture en cours au Maroc ?
Le manque de respect à l’égard de la personne du Roi, qui d’ailleurs jouit de toute la légitimité et la confiance du peuple marocain, ne peut être toléré, même dans l’Etat le plus démocratique du monde.
Il faut savoir que la démocratie, l’ouverture, la tolérance, la modernité et la liberté n’ont jamais été dans l’histoire des droits de l’Homme un synonyme de possibilité de nuisance. Elles ne justifient nullement le fait de manquer à ses obligations et ses responsabilités envers l’Etat.
L’histoire de toutes les démocraties, ainsi que les lois qui les régissent, n’ont jamais laissé entendre que démocratie et liberté ne pouvaient exister sans enfreindre la constitution ou porter atteinte aux institutions de l’Etat.

A qui profite cette campagne ?
Comme je vous ai dit, ces campagnes ont cela de particulier qu’elles rejoignent des objectifs visant à porter atteinte aux fondamentaux de la nation.
Leurs auteurs ne sont autres que ceux-là mêmes qui cherchaient à nuire à la libération du pays, du temps de la colonisation. Mais ces derniers semblent ignorer que le Maroc, son peuple et son Roi, ont déjà fait face à de telles tentatives de déstabilisation et de nuisance à son intégrité, son indépendance et sa cohésion. Et ils doivent être dénoncés aussi bien pour la légèrté avec laquelle ils considèrent le pays et ses composantes que pour le sort qu’il veulent leur réserver.

Comment peut-on mettre fin aux dérapages de certains médias qui ont fait de l’attaque systématique contre l’Institution royale une ligne éditoriale ?
Ces agissements ne peuvent être vaincus que par, d’abord, la victoire de l’Etat de droit et de la loi qui nous met tous sur le même pied d’égalité. Et nul ne peut porter atteinte à la réputation d’un autre impunément. La loi est d’autant plus intransigeante quand il s’agit de toute la nation. Aussi, il faut réhabiliter la presse, malheureusement perméable à des gens qui sont loin d’en saisir toute la noblesse et la juste valeur et objectifs. Des gens qui profitent de cette perméabilité pour passer des messages aussi inutiles que nocifs. Les forces démocratiques vives de la nation doivent également s’impliquer davantage dans le large débat se rapportant à la liberté d’expression et ses limites. Une manière de mieux accompagner le processus de réformes et de changement en cours dans notre pays. Il s’agit en fin de mettre l’intérêt suprême de la nation au-dessus de toute considération sectaire ou partisane et au dessus de calculs et conflits aussi limités que dangereux pour la sécurité du pays et sa stabilité.

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