Abderrahim Manar Sellimi : «Le PJD a placé la barre un peu plus haut avec ce 7ème congrès»

Abderrahim Manar Sellimi : «Le PJD a placé la barre un peu plus haut avec ce 7ème congrès»

ALM : Est-ce que le dernier congrès du PJD s’inscrit dans la continuité de ses premiers congrès ou plutôt une rupture ?
Abderrahim Manar Sellimi : L’inaugu-ration du 7e congrès du PJD montre bien que les dirigeants du parti ont voulu que le congrès soit bien différent des éditions précédentes à travers notamment les préparatifs, l’organisation et l’utilisation des nouvelles technologies. Le message essentiel qu’on a voulu transmettre est que le PJD n’a pas changé même après sa victoire dans les élections et la participation au gouvernement. L’une des nouveautés de cette édition est sans nul doute la participation de personnalités islamistes comme Khaled Mashaal ainsi que des figures du Printemps arabe au point que la présence des invités internationaux a occulté parfois la participation des personnalités marocaines. Le but est de montrer que le contexte du congrès est lié à ce qui se passe dans le monde arabe. D’ailleurs, le secrétaire général a entamé son allocution par les développements dans le monde arabe avant d’aborder la situation au niveau national.

Sur le plan de la forme, le parti a réussi tout de même à relever le défi. Qu’en est-il du fond ?
Je pense que la thèse du congrès garde le même cap de la thèse du 6e  congrès en évoquant le militantisme démocratique mais la nouvelle thèse met également l’accent sur la participation à la construction démocratique en raison de la position qu’occupe le parti dans le gouvernement. Il faut dire par ailleurs, que le PJD devrait prendre une position claire sur plusieurs volets notamment le volet organisationnel. En effet, le parti donne l’impression de travailler toujours comme un parti de l’opposition alors qu’il est le chef de file de la majorité. Même sur le plan de son discours politique, le PJD n’a pas beaucoup changé ce qui met ses alliés au gouvernement dans une situation embarrassante. Enfin, le parti de la lampe devrait faire la distinction entre le politique et tout ce qui prêche idéologique. Les relations entre le parti et le MUR et sa branche idéologique le Mouvement unicité et réforme méritent ainsi d’être clarifiées puisque l’on se retrouve aujourd’hui avec 4 composantes distinctes parfois opposées qui sont le parti, le MUR, le gouvernement et le groupe parlementaire.

Est-ce que le PJD est sorti encore plus fort après son dernier congrès ?
Il faut reconnaître que sur le plan organisationnel et de la démocratie interne, le PJD est très développé par rapport à d’autres formations politiques. Il a même placé la barre un peu plus haut avec ce 7e congrès. Le seul défi qui reste à soulever pour le parti concerne son choix de garder le même secrétaire général qui est également le chef de gouvernement. Si ce choix est confirmé, cela pourrait avoir un impact sur l’une des deux fonctions.

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