Abderrahmane Azzouzi : Nous reprendrons le dialogue lorsque nous relèverons plus de sérieux de la part du gouvernement

Abderrahmane Azzouzi : Nous reprendrons le dialogue lorsque nous relèverons plus de sérieux de la part du gouvernement

ALM : Pourquoi avez-vous choisi de boycotter la dernière réunion du dialogue social ?
Abderrahmane Azzouzi : Nous avons pris la décision de décliner l’invitation du gouvernement à la dernière réunion du dialogue social pour des raisons multiples. D’abord, cette réunion est trop tardive car elle devait avoir lieu au début du mois d’avril selon les délais fixés dans le cadre de l’institutionnalisation du dialogue social. Ensuite, l’ordre du jour envoyé aux syndicats reprenait pratiquement les mêmes points discutés lors des dernières rencontres avec l’Exécutif. Vu son ordre du jour, cette réunion devait s’apparenter plus à un échange et un partage de points de vue sur des sujets un peu vagues et connus de tous comme la situation économique. L’ordre du jour arrêté par le gouvernement avait déjà été discuté dans des réunions précédentes. Nous n’avons pas l’impression d’être face à un vrai dialogue social.

Mais l’ordre du jour comprenait également l’accord du 26 avril 2011 signé avec le gouvernement El Fassi…
Justement, cela fait plus d’une année et demie que nous demandons au gouvernement de mettre en œuvre les points qui restent toujours en suspens dans l’accord du 26 avril. Des points qui ne peuvent en aucun cas être rediscutés ou changés. Or, le gouvernement nous demande dans l’invitation qui nous a été adressée d’approfondir le débat sur cet accord. Malheureusement, les responsables n’accordent que très peu d’importance aux circonstances actuelles. Le gouvernement voulait probablement exploiter médiatiquement la réunion avec les syndicats pour donner l’impression à l’opinion publique qu’un dialogue social a lieu.
 
Quelles sont vos conditions pour reprendre le dialogue avec le gouvernement ?
Tout d’abord, il convient de préciser que notre décision a été prise de concert avec les responsables de la CDT (Confédération démocratique du travail). Mais nous n’avons pas été les seuls à boycotter. Les dirigeants de l’UMT (Union marocaine du travail) et l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc) ont pris, de leurs côtés, la même décision. Ceci veut dire que quatre des cinq centrales syndicales impliquées dans le dialogue social sont unanimes concernant le manque de sérieux de la part du gouvernement. D’ailleurs, nous reprendrons le dialogue lorsque nous relèverons plus de sérieux de la part du gouvernement.

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