Accompagner la dynamique actuelle

ALM : Comment analysez-vous l’accord de libre échange Maroc-USA ?
Nacer Bouazza : D’abord, il y a un fait qu’il faut relever. Il s’agit du démantèlement douanier qui entrera en vigueur en 2015. A partir de cette année, plus de barrières douanières. Les vraies protections donc seront – et le sont presque déjà- la qualité, la santé, le respect de la propriété intellectuelle… tout cela se passera par le biais des nouvelles technologies. En ce sens que l’économie du troisième millénaire se base plus sur le savoir et la connaissance, autrement dit sur la matière grise que sur les matières premières. Il faut savoir que les tonnes de matières premières qui ont fait la loi jusqu’ici n’auront plus presque aucune valeur à l’ère du net et de l’e-économie. Et dans ce sens là, il faut savoir que l’économie marocaine n’est pas vraiment compétitive. Il faut se mettre au travail pour cela.
Justement, quelles répercussions d’un tel accord sur le tissu économique national ?
Aucun si j’ose dire. Il faut savoir que le seul département qui se sent visé est celui du fisc pour la simple raison que l’assiette fiscale marocaine se base trop sur les taxes à l’importation que sur la production ou le revenu. Il faut donc revoir cet état de choses si l’on veut être à même de ne pas pâtir des effets de la concurrence d’ici 2015. Il faut aussi se préparer au fait que la guerre va être rude entre européens et Américains pour avoir la belle part du marché marocain. Dans ce cadre, je souligne que le problème de la langue – l’anglais- que certains brandissent comme étant un obstacle n’en est pas un. Dans ce cadre, rappelons qu’au début des années quatre-vingt, la balance commerciale entre le Maroc et la Grande Bretagne était presque nulle. Les deux parties ont décidé de développer leurs échanges et le résultat est aujourd’hui palpable. Pourquoi pas avec les USA ou d’autres pays ?
Mais quelles contraintes peut rencontrer cette volonté maroco-américaine de créer la zone de libre échange ?
Il faut en premier lieu s’attendre aux activités du lobby européen. Les entreprises européennes vont tout faire pour bloquer cette évolution. Mais pour notre part, il faut mettre l’accent sur la nécessaire volonté des entrepreneurs et de l’administration marocains d’accompagner cette décision de créer une zone de libre échange Maroc-USA. Si chacun se sente impliqué dans cette entreprise, on peut gagner et développer notre tissu économique.
C’est grâce à cette volonté que les investisseurs américains vont débarquer et développer les industries marocaines et le marche marocain avec. Il faut dynamiser les rapports Maroc-US dans le domaine économique pour que la zone de libre-échange puisse donner ses fruits et profiter au Maroc.

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