Agriculture : La nécessaire refonte

Agriculture : La nécessaire refonte

Les maux endémiques dont souffre l’agriculture au Maroc sont bien identifiés. L’absence d’une vision claire et d’une stratégie pour développer ce secteur font toujours défaut. Le gouvernement est donc acculé à élaborer un programme de réformes pour donner une plus grande visibilité dans ce domaine. En tête des principales entraves à surmonter, vient le capital foncier mal valorisé, en simplifiant la complexité du statut juridique des terres.
Le régime foncier au Maroc se caractérise par une diversité des statuts juridiques. Quelles soient « melk », »guich » ou « habous », la révision des statuts juridiques est un passage obligé. En plus, la rareté de la terre et le morcellement des exploitations font que seules 12 % des terres sont considérées comme de la Surface agricole utile (S.A.U). Cette rareté du foncier agricole, objet d’une intense spéculation, explique les prix observés à l’hectare. L’insuffisance de l’outil de production, les techniques de rendement ainsi que les contraintes de l’irrigation sont autant de questions sur lesquelles il faut revenir.
Toutefois, les observateurs se plaisent à préciser que l’accord de libre-échange avec les USA offre des opportunités significatives pour développer et diversifier les exportations marocaines. Ce développement encourage manifestement la modernisation du secteur agricole et alimentaire, génératrice d’emplois et de revenus pour les populations rurales.
Le chapitre agriculture de cet accord fait l’objet d’une annexe extrêmement longue. Avec une liste des produits qui dérogent à la franchise de droit, s’appliquant à la signature de l’accord.
Ces produits, comme l’ensemble des autres biens, seront soumis à une franchise de droit selon des processus d’extinction des tarifs douaniers, qui sont au nombre de 8 pour le Maroc, contre 2 pour les Etats-Unis. Concernant le Maroc, les 8 processus vont de A à H étant le plus favorable, les droits de douanes seront nuls au bout de 13 ans. H le moins favorable puisqu’il définit une classe de produits qui supporteront des droits de douane au-delà de 25 ans.
Bien sûr, et dans tous les cas, il s’agit des droits de douane minimums, ceux dont bénéficie la nation la plus favorisée.
Donc, une période de transition est obligatoire pour la survie de ces pans essentiels de l’économie du pays. Cette ouverture progressive concerne particulièrement les produits sensibles tels que les blés tendre et dur, les viandes rouges et blanches, ainsi que certaines légumineuses (lentilles et pois-chiches), qui sont, du reste, essentielles sur les plans économique et social. Pour le blé tendre, les quotas qui seront octroyés aux Etats-unis se feront en dessous du seuil des besoins annuels du Maroc.
À l’instar de ce qui a été fait avec l’Union européenne dans ce domaine, le Maroc est parvenu à l’établissement d’un quota nécessairement lié au niveau de sa production nationale, afin de ne pas perturber le niveau de cette production et partant les revenus qu’elle génère. Pour la première année de l’entrée en vigueur de cet accord, une fourchette comprise entre 280.000 tonnes minimums et 700.000 tonnes maximales sera mise en vigueur. Ce maximum est indexé et défini par rapport à la production nationale annuelle.
Pour le blé dur, un simple contingent de 250.000 tonnes pour lesquelles les droits de douane seront démantelés en dix ans est affecté aux Etats-unis pour ne pas gêner la production nationale de blé dur.
En contrepartie, le Maroc a obtenu l’accès immédiat pour plusieurs de ses produits frais, notamment les clémentines.
« Nous aurons un démantèlement pour la totalité de notre production agro-industrielle avec des possibilités réelles par rapport à notre propre potentiel qu’il s’agisse de la préparation des tomates ou celle des olives », a précis Taib Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères. Un accès immédiat et illimité a été obtenu pour les productions de préparation d’olives et un accès progressif pour les préparations de tomates concentrées avec un contingent à droit nul et immédiat de 500 tonnes.

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