Ahmed Herzenni : «Au Sahara, les droits de l’Homme sont, peut-être, en avance par rapport au reste du pays»

Ahmed Herzenni : «Au Sahara, les droits de l’Homme sont, peut-être, en avance par rapport au reste du pays»

ALM : Le Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH) organise les 29 et 30 octobre une première rencontre sur la question des droits de l’Homme au Sahara. Pourquoi soulevez-vous aujourd’hui cette question ?
Ahmed Herzenni : Le CCDH ouvre aujourd’hui ce débat public parce qu’il entre dans une nouvelle phase. Cela s’inscrit dans le cadre d’un travail de proximité que le Conseil compte entreprendre.
Le débat qui aura lieu à Laâyoune est le premier d’une série similaire que va organiser le CCDH à travers tout le pays. Le choix de la ville de Laâyoune se justifie par le fait que nous avons, il y a une année, mis en place un bureau régional dans cette ville.

Des ONG internationales ont multiplié ces derniers temps les appels au respect des droits de l’Homme au Sahara. Y a-t-il vraiment eu des violations ? Ou s’agit-il d’un simple chantage sur la question du Sahara ?
Pour le CCDH, la situation des droits de l’Homme dans nos provinces sahariennes est, peut- être, meilleure que celle des autres villes du Royaume. Effectivement, certaines ONG internationales prétendent le contraire. Nous avons alors, à l’occasion de la rencontre de Laâyoune, adressé une invitation à ces ONG pour venir et constater sur place la réalité des droits de l’Homme dans nos provinces du Sud. Malheureusement, certaines de ces organisations n’ont pas répondu présent à notre appel. Pourtant, le débat que nous organisons constitue une occasion pour qu’elles dépassent leurs préjugés sur la situation des droits de l’Homme au Sahara.

Vous avez fait appel à d’anciennes victimes du Polisario pour témoigner sur leur expérience carcérale dans les camps de Tindouf. Qu’en est-il des victimes relevant des années de plomb au Maroc ?
Pour le débat de Laâyoune, nous n’avons ciblé personne. Il s’agit d’un débat public où tout le monde est invité à contribuer par son témoignage. Nous n’avons invité personne et nous n’excluons personne. Il s’agit d’un débat public avec les différents acteurs locaux et nationaux sur les questions de promotion et de protection des droits de l’Homme dans les provinces du Sud.

Avez-vous un plan pour remédier à la situation des droits de l’Homme dans les provinces sahariennes ?
Nos plans dans les provinces de Sud sont les mêmes que ceux pour les autres provinces du Royaume. Dès que nous recevons une plainte, et il s’avère après enquête que des violations ont été enregistrées, nous présentons des recommandations et nous veillons à leur application. Aussi, la plate-forme citoyenne pour la promotion de la culture des droits de l’Homme est toujours à l’ordre du jour. Nous avons, à ce propos, lancé un appel aux associations marocaines pour la participation au comité de pilotage du processus d’élaboration du plan d’action national en matière de démocratie et des droits de l’Homme et au comité de supervision de la mise en œuvre de cette plate-forme citoyenne. Une fois la société civile aura désigné ses représentants, nous allons alors convoquer la première réunion.

L’instrumentalisation du Polisario de la question des droits de l’Homme au Sahara vise-t-elle à détourner l’opinion mondiale de la proposition marocaine d’autonomie ?
D’abord, le Polisario n’est pas habilité à parler de la question des droits de l’Homme vu les transgressions qui sont commises dans les camps de Tindouf. Certainement, en prétendant que la situation des droits de l’Homme se dégrade dans nos provinces sahariennes, le Polisario veut créer un faux débat. Le Polisario veut faire diversion devant la communauté internationale, qui est en train de soutenir de plus en plus l’offre marocaine d’autonomie, afin de détourner son attention.

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