Ahmed Ouyach : «Il faut désormais produire avec plus d’exigences de qualité»

Ahmed Ouyach : «Il faut désormais produire avec plus d’exigences de qualité»

ALM : Quelle lecture faites-vous de l’adoption de l’accord de pêche?
Ahmed Ouyach : Il s’agit là d’un accord très important qui tombe à un moment très opportun. En effet, depuis presque quatre ans le Maroc attendait le vote de cet accord qui a connu plusieurs obstacles avant son adoption. Le premier obstacle a été pour nous le défi de défendre, de protéger et d’améliorer les deux piliers de l’agriculture marocaine. Je cite, dans ce sens, la petite agriculture assez sensible telle que la culture des céréales, des viandes rouges et du lait par exemple qu’il fallait protéger, ensuite, le deuxième pilier a été d’améliorer l’offre exportable de notre agriculture pour qu’elle soit plus attractive. Voilà, en gros, ce qui a retardé l’adoption de cet accord, en plus des lobbies qui se sont formés contre son adoption. Aujourd’hui, le vote du Parlement européen est sans appel en faveur du Maroc ouvrant une nouvelle page de sérénité et d’échanges. En effet, nous y voyons un nouveau souffle pour le Plan Maroc Vert, dont l’une des fondamentales est l’exportation et comme l’Europe constitue le marché traditionnel du Maroc, il était normal que l’on se tourne directement vers la rive nord pour améliorer nos exportations.  

Et sur le volet politique?
La lecture politique veut que ce vote soit un signal fort de soutien de l’UE au Maroc nouveau et à ses réformes audacieuses. En effet, le gouvernement issu des urnes a permis à la voix démocratique de se prononcer, chose que nos partenaires européens ont de tout temps prôné. L’Europe veut donc faire du Maroc un exemple pour tous les pays de la rive méditerranéenne. Et donc, après une période, que je qualifierais de nuageuse, la balle est dans notre camps. À nous de répondre à ce signal et d’aller plus en avant dans l’intégration du Maroc et de ses produits au sein du marché européen. Sur un autre volet également, il s’agit d’un nouveau pas franchi vers la consécration du Statut avancé.

Quels seront les profits directs pour les agriculteurs?
Ce qui va changer directement pour les agriculteurs est l’amélioration de leur offre exportable surtout en matière de fruits et légumes et de produits transformés tels que les huiles et les conserves. Je n’ai pas encore de chiffres exactes, mais, je vous donnerais l’exemple de la tomate. En effet, ce produit gagnera 40 à 50 mille tonnes en exportations par an, ce qui n’est pas à minimiser. En plus, l’accord ne s’arrête pas à cela. Il comprend également un volet de partenariat technique qui porte sur un échange de savoir-faire. Ainsi, les agriculteurs bénéficieront de l’expérience de pays tels que la France et l’Allemagne dans la concrétisation des dispositions du Plan Maroc Vert. Pour tous ces résultats, je saisi l’occasion d’applaudir les efforts de négociation entamés depuis quatre ans par les autorités marocaines concernées dans toutes leurs composantes. À leur tête, le ministère de l’agriculture, celui des affaires étrangères et les différentes cellules de diplomatie engagées dans ce sens.  

Que conseillez-vous aux agriculteurs marocains?
Mon appel va s’adresser à tous les opérateurs du secteur. Il ne faut pas crier victoire et se lancer dans la production aveugle. En effet, nos voisins européens sont très regardants sur la qualité indépendamment du prix. Il faut désormais produire avec plus d’exigences. En plus, il faut penser à la diversification des productions en exploitant de nouvelles niches telles que le bio, les produits du terroir ou des produits spécifiques comme la tomate cerise.

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