«Al Qaïda», les liaisons dangereuses

«Al Qaïda», les liaisons dangereuses

La récente découverte, au Maroc, d’un groupuscule intégriste en «liens étroits» avec des mouvances terroristes évoluant en Irak démontre encore une fois l’efficacité de la stratégie de «mise en réseau» suivie par «Al Qaïda». La rafle, qui s’est soldée avant-hier par l’arrestation de 17 membres de ce groupuscule terroriste, rappelle à notre souvenir une autre effectuée en mai 2002 à Casablanca. En cette année, après plusieurs semaines de chasse-poursuite, les services de sécurité ont mis la main sur trois Saoudiens ayant néanmoins réussi à s’implanter dans le Royaume pour préparer des attentats terroristes contre des cafés de la place Jamaâ El Fna à Marrakech, avant de lancer des attaques-suicide contre des bâtiments de guerre américains et britanniques croisant dans le détroit de Gibraltar.
Ce projet sinistre a pu être évité grâce à des «informations précieuses» fournies par les services de renseignements américains à leurs homologues marocains, sur la base d’interrogatoires effectués auprès de ressortissants détenus sur la base américaine de Guantanamo.
Les trois Saoudiens, à la solde du terroriste Oussama Ben Laden, avaient fait appel aux services d’un Marocain répondant au nom d’Abdelmajid El Gareh, qui n’est autre que le gendre de l’un des trois Saoudiens de la «cellule dormante d’Al Qaïda», connu sous le nom de Zouheir Tabiti. Fonctionnaire à la Cour d’appel de Rabat, A. El Gareh a cru dans un premier temps pouvoir échapper à toute poursuite judiciaire. Mais la vigilance et la ténacité des services de sécurité marocains ont fini par donner tort à son illusion.
L’arrestation des trois Saoudiens, Zouheïr Hilal Tabiti, 27 ans, Hilal Jaber el Assiri, 32 ans, et Abdellah Msafer Ghamidi, 23 ans, a révélé l’implication de ce «fonctionnaire de la justice» dans la préparation du projet désastreux que les trois Saoudiens concoctaient pour faire sauter plusieurs cafés de l’enceinte mythique de Jamaâ El Fna, ce qui aurait pu faire un bilan très lourd de victimes parmi des Marocains mais aussi des touristes qui fréquentent en grand nombre et régulièrement les terrasses de Jamaâ El Fna. Poursuivi au début pour complicité de constitution d’une association de malfaiteurs, Abdelmajid El Gareh a nié catégoriquement le délit qui lui était reproché. Il sera alors libéré pour absence de preuves tangibles à son encontre, et puis le nom de la «cellule dormante» fut vite oublié.
Il aura fallu attendre presque un an, plus précisément un tragique 16 Mai 2003, pour que El Gareh soit de nouveau cité et arrêté. L’accusé devait cette fois répondre du genre d’aide qu’il a apporté aux trois Saoudiens condamnés le 21 février 2003 à dix ans de réclusion par la chambre criminelle de Casablanca, avant d’être extradés vers Ryad en vertu d’une convention judiciaire entre le Maroc et l’Arabie Saoudite stipulant que leurs citoyens peuvent purger un reliquat de leur peine dans leurs pays d’origine.
En effet, l’enquête de la PJ a révélé qu’El Gareh a aidé les trois Saoudiens à se procurer un zodiac pour accomplir leur dessein macabre dans le large du détroit de Gibraltar. Chose qu’il continuait à nier…
Entre-temps, mais cette fois à la Cour d’appel de Rabat, d’autres accusés devaient répondre du délit de préparer des attentats terroristes dans le Royaume. A leur tête, il y avait le tristement célèbre Richard Pierre et 33 autres «takfiristes» de la Salafiya Jihadia.
Lors du procès, la peine maximale avait été requise contre Richard Pierre (arrêté dans une planque dans la région du Nord) et contre Bendaoud Khamli, connu pour être le «cheïkh des takfiristes».
Dans le lot, plusieurs autres «takfiristes» seront cités. Fizazi et Kettani, considérés comme les principaux idéologues et théoriciens de l’intégrisme au Maroc, avaient été interpellés pour répondre des multiples «procès en apostasie » et des «appels au meurtre» qu’ils lançaient à l’encontre d’une société marocaine «impie».
Cette vague d’arrestations au sein de la meute intégriste a été lancée au lendemain des attaques terroristes perpétrés le vendredi 16 mai 2003 contre différents endroits publics de la mégalopole, faisant plusieurs victimes  parmi des civils innocents. Ces événements tragiques avaient suscité une vive indignation au sein de la population marocaine, traduite par l’organisation d’une grande marche à Casablanca pour dire «Non au terrorisme», mais aussi une vague de solidarité internationale avec le Maroc témoignée par les dirigeants et les peuples de divers pays du monde.

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