Alger boit du petit lait

La question trouve sa légitimité dans certaines déclarations de nos voisins de l’Est, les Algériens, pour ne pas les nommer. Une remarque qui tombe sous le sens : le Maroc n’a de problèmes qu’avec ses voisins, celui du nord, l’Espagne, et celui de l’est, l’Algérie, et heureusement qu’il n’a à l’ouest que le vaste océan atlantique. Mais passons.
Et goûtons plutôt à cette dépêche édifiante de l’agence officielle algérienne APS. Sous le titre réconfortant «L’Algérie souhaite un dénouement rapide de la crise de l’îlot du Persil», l’APS révèle que «le gouvernement algérien qui suit avec une plus grande attention les développements de la situation de l’îlot du Persil», souhaite un dénouement rapide de cette crise.
Citant Abdelkader Messahel, ministre algérien délégué auprès du ministre des Affaires étrangères chargé des affaires maghrébines et africaines, l’agence ajoute que «la crise intervient dans une région à laquelle nous appartenons (et qu’) on ne peut rester indifférent». Jusque là, tout va bien. Mais –car il y a un mais – M. Messahel a ajouté que «L’Algérie récuse toute politique de fait accompli ou de violation de la légalité internationale». Et de poursuivre, triomphal, que «c’est ce principe que l’Algérie défend à l’échelle du continent africain, s’agissant de la question du Sahara occidental ou des conflits nes du non respect des frontières héritées aux indépendances»… Autre article édifiant sur la solidarité –ou à tout le moins la neutralité – d’Alger. Le quotidien «El Watan» a publié avant le coup de force espagnol un petit article dans lequel il décrit la situation sur l’îlot Leila depuis jeudi dernier. Mais c’est l’éditorial qui est un monument de mauvaise foi. Sous le titre, «Curieuse diplomatie», A. Samil s’évertue à montrer la question sous l’angle le plus hostile possible au Maroc.
A le croire, le Maroc souffrirait d’un complexe de persécution «et se réfugie dans ce qu’on pourrait appeler le «syndrome de l’assiégé». Avec une pirouette, il affirme qu’ «il faut pourtant se rendre à l’évidence, car il tombe sous le sens que «l’îlot de la discorde» tout comme les enclaves de Ceuta et Melilla sont historiquement et géographiquement bel et bien marocains».
Mais il se reprend aussitôt pour «conseiller» au Maroc «de saisir pour ce problème de décolonisation les instances internationales, notamment la plus indiquée d’entre elles, l’ONU, pour l’application de la fameuse résolution 15-14 sur l’autodétermination des peuples sous domination coloniale».
«S’ils ne l’ont pas fait, écrit-il, c’est tout simplement parce qu’ils mettent en balance et marchandent leur propre intégrité territoriale pour tenter d’infléchir la position espagnole de soutien au plan de règlement international du conflit du Sahara Occidental». Tout est dit. Mais à trop vouloir jouer les opportunistes, on perd quelques fois des occasions de se taire.

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