Alger fait de la promotion au Polisario

La lettre adressée le 26 mai dernier par le président algérien Abdelaziz Bouteflika au Secrétaire général des Nations Unis et le mémorandum de l’Algérie au sujet de la proposition de l’envoyé personnel de Kofi Annan, renseignent à plus d’un titre sur la position algérienne à l’égard du conflit sur le Sahara marocain.
Le mémorandum insiste sur le caractère non-négociable du «Plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara», ne visant à satisfaire totalement ni l’une ni l’autre des deux parties.  Il en dit également long sur la nature du rôle de l’Algérie «pays voisin» mais aussi et surtout «partie intéressée». Le mémorandum souligne que la proposition de règlement pacifique de ce conflit par la voie d’un référendum d’autodétermination s’inscrit dans la droite ligne de la volonté algérienne.  Faisant plus d’éloges qu’il n’en faut sur le rôle des Nations Unies dans la résolution d’un conflit, somme toute, factice et qui n’a que trop duré, ce mémorandum n’omet pas de faire porter tout en subtilité le chapeau du retard accusé dans la mise en œuvre de ce plan au Maroc.  Allant même jusqu’à faire dans l’autopromotion « car autant elle (l’Algérie) a toujours appuyé le droit du peuple du Sahara Occidental à l’autodétermination et rejeté la politique du fait accompli, autant elle a toujours œuvré également pour la préservation de la paix dans la région et affirmé son attachement au respect de la légalité internationale », peut-on lire dans ce mémorandum. Une déclaration qui, venant d’un Etat a du mal à instaurer sa propre paix, ni encore moins sa légalité, paraît des plus étonnantes. Marquant son approbation à l’initiative de James Baker, Alger tient cependant, et comme il se doit,  à réagir sur quelques éléments de cette proposition.
À commencer par la période préliminaire d’une année allant de l’entrée en vigueur du plan à l’élection de l’Autorité sur
le Sahara Occidental (ASO). «Aucune indication n’est fournie sur l’organisation et sur les arrangements devant prévaloir durant cette période…», note-t-on. Qualifiant cette année de critique, Alger estime, entre autres, que l’énoncé des dispositions applicables doit être en toute clarté avant la signature. L’Algérie marque aussi sa profonde connaissance de « l’absence de réciprocité » entre les deux parties au niveau de la libéralisation des prisonniers politiques et de guerre. Elle suggère qu’en cas de non-respect de cette disposition, il devra être de la responsabilité des Nations Unis  de veiller à son application. Alger souligne également le caractère insuffisant de la clause sur le rapatriement des réfugiés et sur la question des troupes des deux parties, suggérant, à titre indicatif, que les Forces Armées Royales soient déployées le long du mur de sables dans des positions strictement défensives.  La période allant de l’élection de l’ASO à la tenue du référendum sur le statut final du territoire, le référendum lui-même et les garanties pour la bonne mise en œuvre du plan proposé suscitent également quelques réserves, tellement nuancées qu’elles risquent de ne pas être comprises. En tout cas, Alger aura brillé dans son rôle de R.P d’un mirage nommé Polisario.

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