Alger mène une campagne de dénigrement contre le médiateur onusien pour le Sahara

Alger mène une campagne de dénigrement contre le médiateur onusien pour le Sahara

Le Polisario vient de franchir un nouvel échelon dans l’escalade qu’il mène contre le médiateur onusien Peter van Walsum, depuis que ce dernier a enterré l’option de «l’indépendance» du Sahara dans son rapport de la mi-avril au Conseil de sécurité. Mardi dernier, c’est le représentant du front auprès de la Minurso, M’Hammed Khaddad, qui a donné le ton de cette nouvelle escalade visant à discréditer le diplomate néerlandais. Dans une interview au quotidien espagnol «El Pais», M’Hammed Khaddad (cousin du vice-président du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes, Khaddad El Moussaoui) a exprimé l’intention du Polisario de suspendre, de manière unilatérale, le processus de négociations de Manhasset dont le quatrième (et probablement le dernier round) s’est tenu en début janvier. Pendant ce temps, le soi-disant «Premier ministre» du front, Abdelkader Taleb Omar, faisait monter les enchères. Surfant sur la même vague du chantage, il a déclaré que la poursuite des négociations n’était pas à l’ordre du jour, du moins tant que «Peter van Walsum est le représentant personnel du secrétaire général de l’ONU dans l’affaire du Sahara». Le médiateur onusien dans cette affaire a tort, paraît-il, de s’appeler Peter van Walsum. Mais ce sont les «idées» de l’émissaire onusien qui sont en ligne de mire. Dans son rapport au Conseil de sécurité, présenté à la mi-avril 2008, Peter van Walsum avait déclaré devant les quinze membres du Conseil réunis pour examiner les suites à donner à l’affaire à quelques jours de l’expiration du mandat de la Minurso, que «l’indépendance» du Sahara occidental n’était pas une option réaliste. Il n’en a pas fallu plus que cette déclaration pour que le Polisario, et l’Algérie, crient au scandale, s’agitent dans tous les sens, dans la tentative (assassine) de discréditer un homme dont le «délit», semble-t-il, est d’avoir simplement dit tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. «De nombreux pays trouvent assez confortable le statu quo du moment qu’il leur épargne l’obligation de faire des choix pénibles», avait dénoncé le médiateur onusien. «La principale raison pour laquelle je trouve intolérable le statu quo est qu’il est trop aisément accepté, non pas seulement par des spectateurs non engagés des pays lointains, mais aussi par les partisans inconditionnels du front Polisario, qui n’ont pas vécu eux-mêmes dans les camps, mais qui sont convaincus que ceux qui y vivent préféreraient y rester indéfiniment au lieu d’opter pour une solution négociée en deça de l’indépendance totale», a dit le responsable onusien, laissant entendre, devant les membres du Conseil de sécurité, que cette instance devrait appuyer la solution d’autonomie ou, le cas échéant, pousser les parties à négocier, durant une période allant de six à neuf mois, sans conditions préalables, mais en excluant l’option de «l’indépendance» qui est irréaliste.  Voilà qui a mis en désarroi la bande à Mohamed Abdelaziz et fait grincer des dents à Alger, au point de menacer aujourd’hui de mettre en veilleuse le processus de négociations. Ces derniers ont oublié que le Maroc pouvait en effet se détourner de tout débat sur ce conflit dans la mesure où il a récupéré ses provinces sahariennes dans le cadre du processus de décolonisation après rétrocession par l’Espagne, l’autorité colonisatrice, du Sahara conformément aux mêmes procédures qui ont permis au Maroc de récupérer les autres parties de son territoire. Mais au-delà du Maroc, les parties ennemies veulent faire chanter l’ensemble de la communauté internationale. Ils ne font qu’élargir le fossé, déjà grand, qui les sépare avec le reste du monde mettant à rude épreuve la patience de la communauté internationale qui ne supporte plus de voir s’éterniser la souffrance des Sahraouis séquestrés depuis déjà plus de trois décennies. Les Etats-Unis sont intervenus eux-mêmes pour remettre en selle l’émissaire onusien Peter van Walsum, en défendant ses conclusions «pertinentes et courageuses» sur le Sahara. Outre le message très significatif du président George Walker Bush, qui a balayé d’un revers de main l’option de «l’indépendance», la Maison-Blanche a choisi Alger elle-même pour manifester son rejet de cette option. Et c’est l’ambassadeur US à Alger, Robert S.Ford, qui s’est chargé de planter le dernier clou au cercueil du Polisario.

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