Algérie : Ces provocations correspondent à un Agenda

Algérie : Ces provocations correspondent à un Agenda

ALM : Quelle analyse faites-vous du rappel, mercredi soir, de l’ambassadeur du Maroc en Algérie, après les dernières provocations de la présidence algérienne?

Khalid Chegraoui : Le rappel de l’ambassadeur du Maroc en Algérie est une nouvelle ligne de conduite que le Royaume a finalement choisi d’entreprendre, après les provocations répétées du régime algérien à l’égard du Maroc. Il faut savoir que, sur le plan diplomatique, le Maroc a toujours été plutôt modéré face aux agissements de l’Algérie.

A votre avis, y aura-t-il des suites à ce rappel ?

Ce rappel est une décision à la fois importante et sensible qu’il ne faudrait surtout pas banaliser. Des décisions politiques similaires ont été entreprises auparavant, notamment vis-à-vis de l’Espagne (novembre 2007, ndlr) pour des attitudes inamicales décidées par celle-ci. Mais, à chaque fois et pour une raison ou une autre, le Maroc avait fait marche arrière. Toutefois, je pense que cette fois-ci le Maroc devrait continuer sur une ligne de durcissement qui répondrait à l’hostilité de l’Algérie.

Ces provocations seraient-elles «accidentelles» ou est-ce que le moment a été bien choisi ?

Il faut savoir qu’à chaque fois que l’Algérie est en phase de redéfinir sa politique intérieure, elle le décide par rapport à son «ennemi», le Maroc.

Aujourd’hui, Bouteflika est en fin de règne et l’oligarchie militaro-politique cherche à préserver ses intérêts en étant certaine de la continuité de son pouvoir.

Elle prépare donc l’ère après-Bouteflika en cherchant l’homme qui assurera ses arrières, tel Ali Benflis, l’ancien chef de gouvernement. Autre fait lié à cette sortie des Algériens, la visite de SM le Roi Mohammed VI au Mali (septembre dernier, ndlr) et le rapprochement entre Rabat et Bamako, très mal vu par Alger. Il faut savoir que premièrement l’Algérie a géré de manière catastrophique la question de la sécurité au Sahel. Et deuxièmement, l’Algérie a toujours été convaincue que le Mali est sa chasse gardée et que toute paix dans cette partie du Sahel est finalement contraire à ses intérêts.

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