Algérie : des associations des familles de disparus estiment que le projet de réconciliation a échoué

Le président de l’association "Soumoud", représentant les familles des disparus du fait d’actes terroristes, Ali Lamrabet, a ainsi affirmé que les suggestions faites dans ce sens signifient un aveu d’échec de la réconciliation telle que prônée par les pouvoirs publics, et que ce projet n’a pas réalisé ses objectifs.

Dans une déclaration de presse, il a relevé que le projet s’est focalisé sur le volet sécuritaire, en fixant des délais pour la reddition des éléments armés. Il a affirmé que la véritable réconciliation suppose qu’elle soit acceptée par tous et qu’elle ne doit pas mettre sur un pied d’égalité le bourreau et la victime.

Au nom de l’association S0S disparus, Mme Fatima Yous, a dit que les familles des personnes disparues cherchent avant tout à connaître la vérité sur le sort de leurs proches et, qu’a leurs yeux, la réconciliation dans sa version déclinée par la charte "ne sert que ceux qui ont détruit le pays, qui se voient exempts de rendre des comptes à la justice".
Pour sa part, "l’association des victimes du terrorisme", s’est exprimée sur les résulats de la charte par la voix de Mme Charifa Khadar qui a souligné que le retour à la paix demeure tributaire d’une réhabilitation de la mémoire.

Elle a estimé que les appels des partis à proroger l’application de "la charte de réconciliation nationale" sont un aveu de l’échec de cette initiative. Selon elle, la réconciliation suppose que ceux qui ont porté des armes fassent repentance et que les victimes soient réhabilitées dans leurs droits.
La charte de réconciliation nationale avait fixé au 31 août le délai devant être mis à profit par les groupes armés pour se rendre en contrepartie de mesures amnistiantes. Quelque 250 à 300 repentis ont été recensés depuis la mise en oeuvre des textes d’application de la charte, le 26 fevrier dernier, selon des chiffres fournis de source officielle.

Des groupes armés se réclamant principalement du Groupe salafiste de la prédication et du combat demeurent actifs dans des maquis de la Kabylie et des wilayas situées plus à l’est, ainsi que dans certains fiefs dans l’ouest et des zones sahariennes du centre du pays.

Les structures ont été installées au niveau des wilayas du pays pour instruire les dossiers des personnes éligibles à bénéficier des mesures d’indemnisation et de prises en charge "des victimes de la tragédie nationale", ainsi qu’au niveau des consulats, mais beaucoup de postulants se sont plaints des entraves bureaucratiques ayant marqué le travail de ses structures et du rejet de nombre de dossiers.

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