Arafat évoque sa succession

Evoquant la question de sa succession s’il venait à disparaître, le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat a affirmé que « selon la loi, c’est le chef du pouvoir législatif qui dirigera l’Autorité palestinienne pour une période de 60 jours jusqu’à la tenue d’élections ». Actuellement, c’est Ahmed Qoreï (Abou Alaa), qui est l’actuel président du Conseil législatif palestinien. « A l’OLP, a ajouté M. Arafat, c’est le secrétaire général du comité exécutif (Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen) qui assumera la responsabilité jusqu’à la désignation d’un nouveau président».
Bloqué à Ramallah en Cisjordanie depuis le 3 décembre 2001, le président de l’Autorité palestinienne a affirmé, dans une interview publiée mercredi par le quotidien émirati Al-Ittihad et l’hebdomadaire égyptien Al-Moussawar, qu’il assisterait au sommet de Beyrouth, « si Dieu le veut ».
Il a ajouté que SM le Roi Mohammed VI, le roi Abdallah II de Jordanie, le Prince héritier d’Arabie saoudite Abdallah Ben Abdelaziz, ainsi que le président égyptien Hosni Moubarak, « déploient des efforts » pour assurer sa présence au sommet. « Le président libanais (Emile Lahoud) tient également à ce que je sois présent au sommet, surtout qu’il sera consacré à la cause palestinienne », a-t-il dit. Il a par ailleurs accusé Ariel Sharon de saboter les tentatives visant à instaurer un cessez-le-feu.
« A chaque fois, nous respectons le cessez-le-feu mais les provocations du Premier ministre israélien dépassaient toutes les limites. Il y a eu une période de calme de 24 jours après mon appel à l’arrêt des attaques (à la mi-décembre) que toutes les factions palestiniennes ont respecté ». «Mais Sharon, au lieu de respecter (le cessez-le-feu) et entamer l’application du plan Mitchell, a consacré tous ses efforts à provoquer les Palestiniens. Ainsi de la mi-décembre 2001 au 3 janvier 2002, 17 martyrs palestiniens sont tombés, 344, dont 111 enfants, ont été blessés », a-t-il ajouté. Il a démenti toute implication de son Autorité et de son mouvement, le Fatah, dans les attentats anti-israéliens, dont au moins trois ont été planifiés selon lui « par des agents du Shin Beth », le service de sécurité intérieur israélien. M. Arafat a attribué le ton dur affiché par Washington à son égard à «certains membres de l’administration américaine et du Congrès qui sont influencés par l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) et d’autres groupes de pressions sionistes ». Il a, d’autre part, démenti toute implication de son Autorité dans l’affaire du cargo d’armes Karine A, intercepté par Israël le 3 janvier en mer Rouge avec 50 tonnes d’armes envoyées, selon Israël, par l’Iran aux Palestiniens. « Cette affaire est totalement mensongère. Le bateau appartient au Hezbollah (libanais) qui l’avait acheté à son propriétaire irakien pour 400.000 dollars », a-t-il affirmé, ajoutant : « Sharon nous y a mêlés pour provoquer la colère de Washington (contre les Palestiniens), surtout que les armes étaient en provenance d’Iran».
Il s’est en outre dit opposé à tout règlement partiel avec Israël prévoyant la création d’un Etat palestinien dans les territoires actuellement contrôlés entièrement ou partiellement par l’Autorité autonome, soit environ 42% de la Cisjordanie et 80% de Ghaza. «Nous ne voulons pas d’une reconnaissance (par Israël) d’un Etat palestinien sur 40% des territoires palestiniens », a-t-il affirmé. «Notre unique option est la création d’un Etat palestinien sur les territoires occupés en 1967 avec Al-Qods-Est pour capitale. Tout autre scénario entre dans le domaine de l’impossible ».

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