Attentats à Jérusalem et à Haifa : 31 morts

Week-end noir pour les Israéliens qui semblaient s’être installés dans un « confort » distant par rapport aux souffrances quotidiennes des Palestiniens. La réoccupation des villes et son cortège de morts et d’assassinés, le blocus meurtrier affamant des centaines de milliers de Palestiniens, les opérations commanditées régulièrement par Tsahal, étaient maintenus loin des yeux de l’opinion publique israélienne. Cela avait fini par banaliser quelque peu ces morts palestiniennes, devenues monnaie courante. L’on se félicitait même de l’efficacité des services israéliens qui avaient réussi depuis des semaines à maintenir sans grande portée les représailles palestiniennes. Seulement, les 3 attentats-suicide du samedi et dimanche ont brutalement réveillé les citoyens israéliens de cette torpeur où l’on les maintenait savamment. Ils sont réalisé que le sang israélien pouvait encore couler et en plein centre de la partie Ouest de la ville d’Al-Qods. Que des victimes civiles pouvaient tomber. Que des attentats pouvaient encore être organisés avec une grande précision, déjouer cette vigilance des services secrets que l’on n’a cessé de leur vanter et frapper là où ça fait le plus mal. Mais surtout, ils ont découvert que les assassinats commandités des activistes palestiniens ne pouvaient longtemps demeurer sans châtiment. La communauté internationale, qui s’accommodait plutôt de cette situation, formulant du bout des lèvres des condamnations pas très convaincues et des appels presque courtois à l’évacuation des villes réoccupées, est aussi remise devant ses responsabilités. Ce n’est pas un hasard si le troisième attentats-suicide, dont le bilan est de seize morts à l’heure où nous mettons sous presse, est survenu au moment même où le général américain Anthony Zinni, envoyé spécial des Etats-Unis au Proche-Orient visitait le site du double attentat commis la veille rue Ben Yéhouda. Ce n’est pas un hasard aussi si ces attentats ont été opérés au moment de la visite aux Etats-Unis du Premier ministre, Ariel Sharon. Une façon de rappeler au président Bush, qui fut quelque temps moins injuste, que des victoires sur le terrain afghan ne devaient pas faire passer au second plan le souci de justice que la nécessité d’une coalition anti-terroriste avait un moment imposé. C’est cette nouvelle prise de conscience que ne pourra pas occulter Shimon Peres, chef de la diplomatie israélienne, qui s’est empressé de convoquer d’urgence tous les ambassadeurs en poste en Israël.

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